Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le 25 juillet 2018. REUTERS/Joshua Roberts

L'Union européenne (UE) n'entend pas se laisser dicter sa politique commerciale par Donald Trump. Face au rétablissement des sanctions américaines à l'encontre de l'Iran, dont une première vague entre en vigueur ce mardi 7 août, la Commission européenne a annoncé qu'elle allait activer le même jour sa "loi de blocage".

L'objectif est de défendre les intérêts des entreprises européennes censées mettre un terme à leurs relations commerciales avec l'Iran au regard de ces sanctions. Ces dernières ciblent déjà les transactions financières, l'automobile, l'aviation commerciale, les importations de matières premières et les métaux précieux. Et elles doivent être élargies aux secteurs pétrolier et gaziers, ainsi qu'à la Banque centrale iranienne, à partir du 5 novembre, précise Le Monde.

A l'inverse des Etats-Unis, l'UE soutient toujours l'accord sur le nucléaire iranien signé en 2015 et souhaite poursuivre la normalisation des relations économiques et commerciales avec l'Iran. La "loi de blocage", déjà utilisée en 1996 lors de la menace de sanctions américaines à l'égard de Cuba, de la Libye et déjà de l'Iran, établit une ligne de conduite pour les entreprises européennes.

Elle interdit à ces acteurs économiques de se conformer aux sanctions, jugées illégales en droit international, "à moins d'y être exceptionnellement autorisés par la Commission dans le cas où le non-respect de celles-ci léserait gravement leurs intérêts ou ceux de l'Union".

Des entreprises, comme PSA ou Total, ont déjà annoncé leur retrait de l'Iran pour ne pas s'attirer les foudres de l'administration américaine. Preuve que la pression exercée par le président Trump est forte... et que les marges de manoeuvre des entreprises européennes restaient pour le moment limitées.

La "loi de blocage" est censée changer la donne. Elle ouvre par ailleurs un droit à l'indemnisation pour les acteurs économiques subissant des dommages à cause des sanctions.

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