Sébastien Bazin, PDG d'AccorHotels, lors de la présentation des résultats de son groupe le 21 février 2018. REUTERS/Gonzalo Fuentes

  • AccorHotels annonce renoncer "à ce stade" à son projet de rachat d'une partie du capital d'Air France-KLM.
  • Le groupe hôtelier envisageait de racheter tout ou partie des 14,3% des parts détenues par l'Etat.
  • D'après La Tribune, l'inertie du gouvernement a conduit AccorHotels a jeter l'éponge.

Le projet de rachat par AccorHotels de tout ou une partie des 14,3% du capital d'Air France-KLM détenus par l'Etat a tourné court. 

Dans un communiqué en marge de la présentation de ses résultats semestriels ce jeudi, AccorHotels considère "que les conditions nécessaires pour une prise de participation minoritaire dans Air France-KLM ne sont pas réunies à ce stade, et a par conséquent décidé de ne pas poursuivre l'étude de ce projet".

Le groupe hôtelier dit toutefois être toujours "convaincu du fort potentiel de création de valeur d'une association renforcée entre hôteliers et partenaires aériens".

L'intérêt montré pour Air France-KLM depuis début juin par le groupe hôtelier AccorHotels avait créé la surprise. A la suite de cette annonce, AccorHotels avait perdu 7% en Bourse, tandis qu'Air France-KLM grimpait de 5,5%.

Au vu de la structure des capitaux d'AccorHotels et d'Air France-KLM — composés notamment d'investisseurs non-européens —, le groupe hôtelier prévoyait un montage aux côtés de plusieurs investisseurs européens afin qu'Air France-KLM conserve son statut de "compagnie européenne". 

L'Etat, qui détient 14,3% d'Air France-KLM, avait annoncé courant juin que sa priorité pour la compagnie aérienne était d'abord de trouver un PDG pour remplacer Jean-Marc Janaillac, après sa démission le 4 mai dernier. 

L'inertie de l'Etat

D'après La Tribune, le projet d'AccorHotels était bien avancé. Le groupe hôtelier envisageait d'acheter la moitié des parts de l'Etat (7%) et aurait rassemblé 5 ou 6 investisseurs majoritairement français pour racheter l'autre moitié. Mais l'inertie de l'Etat dans ce dossier aurait eu raison des ambitions du patron d'AccorHotels, Sébastien Bazin. 

"Avec la publication résultats financiers ce jeudi, la direction d'Accor ne pouvait ne rien dire aux marchés. AccorHotels attendait un signal, pas forcément public, disant que l'État était d'accord pour cette opération, en mettant en place un calendrier de travail, etc... Mais nous n'avons pas d'interlocuteur, ni de nouveau patron à la tête d'Air France-KLM. Nous n'allons pas attendre indéfiniment. Les entreprises privées ont leur vie, leur propre timing", confie-t-on à La Tribune dans le camp d'Accor.

"Est-ce qu'on est convaincus, en tant que groupe hôtelier, d'un potentiel de création de valeur en travaillant entre hôteliers et partenaires aériens? La réponse est oui", a déclaré le directeur financier Jean-Jacques Morin lors d'une conférence téléphonique. "Est-ce qu'on a été capable de se mettre d'accord avec Air France et d'avoir des conditions qui à ce stade, nous permettent d'avancer? La réponse est non", a-t-il poursuivi.

AccorHotels renonce donc "à ce stade" à un rapprochement avec Air France-KLM, mais compte bien poursuivre sa stratégie d'acquisitions, comme indiqué dans le communiqué de ses résultats semestriels.

Le groupe hôtelier a d'ailleurs annoncé lundi un partenariat avec Katara Hospitality, gestionnaire d’hôtels haut de gamme basé au Qatar et contrôlé par le fonds souverain du Qatar (qui détient également 10,2% du capital d'AccorHotels), pour créer un fonds d'investissement d’une capacité de plus d'un milliard de dollars qui ciblera le secteur de l'hôtellerie en Afrique subsaharienne.  

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