Des travailleurs à la station Bank du métro de Londres, près de la Bank of England, dans le quartier de la City à Londres, le 4 septembre 2017. REUTERS/Toby Melville

Les députés français ont adopté jeudi un amendement du gouvernement destiné à renforcer l'attractivité de Paris dans la perspective du Brexit: il vise à exclure les bonus des traders dans le calcul des indemnités de licenciement.

Cette mesure a été adoptée dans le cadre de l'examen du projet de loi de ratification des ordonnances réformant le Code du travail.

"Pour l'attractivité de la place de Paris dans le contexte du Brexit et pour la justice sociale, il nous paraît préférable d'exclure ces bonus de l'assiette de l'indemnité légale de licenciement et des éventuels dommages et intérêts", a déclaré la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, à l'Assemblée.

L'amendement prévoit ainsi d'exclure ces bonus de ce que les traders pourraient obtenir aux prud'hommes.

"Cette spécificité française était en effet mal comprise, car il en va différemment dans d’autres pays. Cette mesure jouera donc dans le bon sens", a encore justifié Muriel Pénicaud devant les députés.

La part des bonus dans la rémunération est extrêmement importante, pouvant monter jusqu'à 50% en France rapporte Les Echos. Au Royaume-Uni, en 2016, les traders de la City à Londres ont empoché en moyenne 281.000 livres (environ 315.000 euros) dont 120.000 livres de bonus, selon l'outil de comparaison des salaires Emolument.

Muriel Pénicaud a indiqué qu'il y a aujourd’hui "3000 à 4000 traders en France".

Le texte gouvernemental prévoit également de "récupérer les bonus des traders en cas de résultat de placement négatif à long terme", ce qui permettra selon la ministre du Travail d'"encourager la vision à moyen et long terme des placements et sanctionner l’approche à court terme".

La France s'efforce depuis un an et demi d'attirer les banquiers appelés à quitter Londres après la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Dans cette lutte d'influence avec notamment Francfort, Paris a marqué un point en obtenant lundi le siège de l'Autorité bancaire européenne (ABE), aujourd'hui installée à Londres.

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