Le titre Crédit Agricole a fini en tête du CAC 40 vendredi 3 août 2018, en hausse de 2,3%. Facebook/Credit Agricole

Les performances financières des banques cotées à la Bourse de Paris sont globalement bonnes au deuxième trimestre. Mais le marché a accueilli de façon très différente chaque publication.

Quand Crédit Agricole et Natixis, filiale du groupe BPCE, ont vu leurs résultats salués vendredi 3 août, les titres BNP Paribas et Société Générale se sont inscrits en repli mercredi et jeudi, après que les deux établissements ont dévoilé leurs chiffres pour le deuxième trimestre.

En dehors de BNP Paribas, dont le bénéfice net part du groupe est resté stable, les banques affichent une progression de leur bénéfice par rapport à la même période de l'année dernière. Et toutes voient leur produit net bancaire — équivalent du chiffre d'affaires dans le secteur — progresser. 

C'est un autre indicateur qui viendrait donc expliquer l'évolution divergente des cours de Bourse: il s'agit du ratio CET1, qui renvoie au ratio de fonds propres de chaque établissement financier et donc à sa solvabilité.

"La baisse des fonds propres a masqué les bonnes performances opérationnelles"

"Les ratios de solvabilité de BNP Paribas et Société Générale ont diminué sur le trimestre. Les investisseurs se sont interrogés sur la nature de ces baisses et sur la capacité de ces deux banques à générer des fonds propres supplémentaires avec leurs activités", explique Xavier de Buhren, analyste chez la banque Mirabaud où il est responsable des actions françaises.

Selon lui, "la baisse des fonds propres a masqué les bonnes performances opérationnelles et la maîtrise des coûts".

BNP Paribas a fait part d'un ratio CET1 de 11,5% au 30 juin 2018, en baisse de 10 point de base par rapport au premier trimestre de l'année. Société Générale a communiqué de son côté un ratio CET1 à 11,1%, contre 11,4% à fin décembre 2017.

A l'inverse, ce ratio a augmenté de 10 points de base pour Natixis, à 10,8%, et il est ressorti stable pour Crédit Agricole, à 11,4%, contre un consensus des analystes de 11,3%, précise Xavier de Buhren.

Les investisseurs toujours frileux avec le secteur bancaire

BNP Paribas et Société Générale ont été sanctionnés en Bourse, les investisseurs restant globalement prudents vis-à-vis des valeurs bancaires. "Malgré leur niveau de valorisation déjà très bas, le marché ne veut toujours pas prendre de paris sur le secteur", estime l'analyste de la banque Mirabaud. 

Les investisseurs privilégieraient les secteurs offrant une plus grande visibilité et une forte croissance, comme le luxe ou l'aéronautique.

"Tant qu'il n'y aura pas d'amélioration des marges des banques, notamment grâce à une hausse des taux d'intérêts sur les activités de crédits, cela risque d'être difficile d'attirer les investisseurs", estime Xavier de Buhren.

Les taux pourraient repartir à la hausse en Europe, avec la normalisation progressive de la politique monétaire annoncée par la Banque centrale européenne (BCE). "Mais le délai sera long avant de voir un impact positif réel sur les résultats des banques".

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