Dans la course à l'intelligence artificielle, la France doit être à la pointe de l'expérimentation pour les véhicules sans chauffeur, a indiqué Emmanuel Macron fin mars, lors de la présentation de la stratégie du pays dans ce domaine.

Et pour ce faire, la France a opté pour un choix axé sur la sécurité, diamétralement opposé à la Chine et aux Etats-Unis qui sont aujourd'hui en avance pour les tests en condition réelle.

"Concernant la réglementation, nous avons certes une approche progressive, basée sur la sécurité, différente de celles de la Chine et des Etats-Unis", a reconnu dans les Echos, Anne-Marie Idrac, haute responsable chargée de piloter la stratégie nationale sur le véhicule autonome en France.

La Chine et les Etats-Unis ont pris une avance certaine dans le développement des véhicules et des systèmes de conduite. La Californie est ainsi devenue la Mecque des tests sur routes pour toutes les entreprises du monde entier tandis que Baidu a obtenu de Pékin la permission de faire rouler ses voitures sans conducteur sur 100 kilomètres.

Au journal économique, elle donne la raison pour laquelle par la France a fait ce choix pour se démarquer et faire office de terre d'accueil, à la fois pour ses propres entreprises — Renault, PSA, Navya — et les étrangères:

"Les constricteurs sont bien conscients que sans sécurité, il n'y aura pas de marché", avance-t-elle aux Echos.

L'accident mortel impliquant une voiture autonome Uber et une piétonne a rappelé tous les obstacles à franchir avant que la voiture sans chauffeur soit omniprésente. Le DG de Nvidia — dont la technologie Nvidia Drive est utilisée par 370 acteurs dont Uber, Mercedes, Audi, Volkswagen ou encore Toyota — a même soumis l'idée d'arrêter les tests sur routes.

L'ancienne secrétaire d'Etat aux transports et ex-présidente de la SNCF doit remettre ce lundi 14 mai les conclusions de sa mission notamment en terme d'évolution du cadre réglementaire français et de l'aménagement du territoire en prévision de l'industrialisation des véhicules autonomes.

Emmanuel Macron a décidé d'alléger les contraintes pour les tests sur les routes, en conditions réelles. Il a ainsi déclaré que des expérimentations de niveau 4 seront possibles dès 2019 — le véhicule peut être totalement autonome, mais seulement sur certaines portions de route.

En 2022, un cadre de régulation sera mis en place.

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