Antoines Bordes, directeur du centre de recherche européen de Facebook Artificial Intelligence Research (FAIR) Paris. Chisato Goya/Business Insider France

L'entrepreneur Elon Musk tient un discours très alarmiste concernant les progrès des technologies d'intelligence artificielle (IA), et tout particulièrement de ce qu'on appelle le "machine learning", quand une machine apprend par elle-même.

Le patron de SpaceX estime que l'IA représente le "plus grand risque auquel nous faisons face en tant que civilisation", que les humains seraient réduits à des "chats domestiqués" comparés aux ordinateurs surpuissants qui sont en train d'être construits ou encore que "la bataille pour la supériorité de l'IA au niveau national est la cause la plus probable d'une troisième Guerre mondiale".

En marge du premier forum parlementaire sur l'IA, qui s'est tenu début novembre 2017, Antoine Bordes, directeur du centre de recherche européen de Facebook sur l'IA basée à Paris, est revenu avec Business Insider France sur les propos d'Elon Musk et la pique que ce dernier avait lancée au fondateur de Facebook Mark Zuckerberg l'été dernier:

"Les craintes comme celles d'Elon Musk, sur une intelligence forte qui pourra prendre le contrôle, s'auto-entretenir, qui pourra à la limite déclencher des conflits... Ce sont des choses qui font beaucoup appel à de la science-fiction, à des croyances qui ne s'appuient sur aucun résultat de recherches existant, et plus sur l'idée que c'est peut-être un scénario qui pourrait se produire.

Estimant qu'il faut "rester très prudent" et "avoir un discours mesuré et raisonné", le physicien et ingénieur français qui travaille depuis quatre ans chez Facebook a développé son point de vue: 

"A l'heure actuelle des technologies, c'est complètement impossible et on n'a même pas idée de comment ça serait possible dans les dix, vingt ou trente prochaines années. Mais, comme à chaque fois avec le progrès, on va être surpris par ce que ça [ndlr: le progrès] sera capable de faire."

Le mois dernier, Yann LeCun, le responsable de la division d'IA de Facebook, avait déjà affirmé au site The Verge que nous étions encore "vraiment très loin de construire une machine vraiment intelligente". 

Antoine Bordes, qui a souligné avoir "une vision optimiste de l'IA tout comme Mark Zuckerberg", a ajouté par ailleurs que l'IA "va effectivement amener beaucoup de transformations dans la société, mais des transformations avec des aspects bénéfiques", que ce soit dans le domaine de la santé, la régulation des flux d'énergies etc. 

Le Français, qui travaille avec une quarantaine de personnes au sein du centre de recherche de Facebook sur l'IA basée à Paris, a confié à Business Insider France être enthousiasmé par "le développement de technologies de communication, la compréhension de langage, la traduction et la synthèse de parole". 

Antoine Bordes, qui a longtemps travaillé sur les systèmes de dialogue, a avancé que "très bientôt, dans quelques années, on pourra parler, dicter par exemple ce que vous faites là et directement être retranscrit dans 50 langues".

Derrière cela, le chercheur imagine plein d'usages qui pourraient changer le travail de nombreuses personnes, comme par exemple la retranscription en direct de rapports de réunion.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Le boom de l'intelligence artificielle ressemble à une 'ruée vers l'or' mais les entreprises semblent passer à côté d'une chose essentielle, note un analyste