La DG du FMI Christine Lagarde, le 19 avril 2018 à Washington D.C. REUTERS/Yuri Gripas

La directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI) Christine Lagarde ne croit pas au démantèlement des groupes tech américains pour lutter contre leur monopole, a-t-elle indiqué dans un entretien au journal français Le Monde.

Juste avant que le scandale de Cambridge Analytica n'explose, Emmanuel Macron avait fait cette suggestion dans une longue interview accordée au magazine américain Wired, pour expliquer que Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft étaient les bienvenus en France mais que ces géants devaient se conformer aux règles européennes.

Pour le Président de la République, ces GAFA doivent désormais affronter plusieurs problèmes — et la place qu'ils ont pris dans le quotidien des gens en est un.

"À un moment donné — mais je pense que ce sera un problème américain, pas un problème européen — à un moment donné, votre gouvernement, votre peuple, pourrait dire: 'Réveillez-vous. Ils sont trop gros.' Pas seulement trop gros pour échouer, mais trop gros pour être gouverné. Ce qui est nouveau. Donc, à ce stade, vous pouvez choisir de démanteler. C'est ce qui s'est passé au tout début du secteur pétrolier lorsque vous avez eu ces grands géants. C'est un problème de concurrence."

Interrogée sur le sujet par Le Monde, Christine Lagarde a réfuté cette idée qui voudrait que la position dominante prises par les GAFA dans la maîtrise des données justifierait une procédure de séparation des activités de ces entreprises.

"Je ne pense pas que le démantèlement permette d'y arriver. (...) Démanteler des bases de données, je ne suis pas sure que ce soit la meilleure façon d'optimiser la concurrence."

Si l'ancienne ministre de l'Economie dans le gouvernement de François Fillon (2007-2011) reconnaît que "l'appropriation des données, pose un sérieux problème à la libre concurrence et à la poursuite de l'innovation par le plus grand nombre", elle milite plutôt pour l'utilisation d'outils politiques qui existent déjà.

"Il faut donc trouver des mécanismes juridiques, budgétaires, fiscaux, structurels, qui permettent de rétablir les règles de la concurrence."

Lors de sa deuxième audition en deux jours devant le Congrès des Etats-Unis,  le 12 avril dernier, Mark Zuckerberg avait lui-même admis "qu'il est inévitable qu'il va falloir une certaine régulation" des entreprises du secteur internet, sans se faire plus précis.

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