David Gurlé, Dg de Symphony. © Symphony

Symphony, une startup qui édite une messagerie en ligne sécurisée pour les entreprises, vient de lever 63 millions de dollars (56,6 millions d'euros), notamment auprès de BNP Paribas — investisseur principal.

La banque française obtient un siège au conseil d'administration.

Utilisée notamment par les plus grandes banques de Wall Street, elle a été créée en 2012 par le Français David Gurlé, 48 ans, ancien haut dirigeant de Skype.

Basée à Palo Alto, Symphony a annoncé que la banque française était accompagnée dans ce tour de table par les actuels actionnaires, dont Google et de multiples acteurs de la finance comme Natixis, Société Générale, Goldman Sachs, HSBC, Bank of America Merrill Lynch, Citigroup, Credit Suisse, Deutsche Bank, Jefferies, Wells Fargo et Morgan Stanley.

"La transformation numérique est au cœur de la stratégie de BNP Paribas Global Markets, et la collaboration avec les fintechs est une part cruciale de ce processus", a déclaré Olivier Osty, head of global markets, de BNP Paribas, cité dans un communiqué.

BNP a annoncé en février qu'il prévoyait de doubler ses investissements dans la technologie, à 3 milliards d'euros, dans les trois prochaines années pour s'adapter aux changements de comportements des consommateurs et réduire ses coûts.

Symphony revendique 200.000 utilisateurs payants à travers le monde — surtout dans la finance. Elle vient directement concurrencer les terminaux Bloomberg — indispensables dans les salles de marchés — en regroupant dans une même interface cryptée différents moyens de communication, des emails aux appels téléphoniques. Discuter en ligne en salle des marchés devient sécurisé.

Prendre la place de Bloomberg

Elle est souvent comparée au 'Slack' de la finance du nom de cette messagerie en ligne utilisée par les professionnels, valorisée désormais près de 4 milliards de dollars.

Selon TechCrunch, la valorisation de Symphony serait désormais d'un milliard de dollars, après avoir levé plus de 200 millions de dollars depuis son lancement.

Pour David Gurlé, "ce financement est une reconnaissance de la valeur que nos clients ont connu à mesure que la communauté Symphony augmente", indique-t-il dans un communiqué.

Symphony devrait utiliser cet argent pour notamment accélérer son expansion en Europe malgré le lobby de Bloomberg pour l'en empêcher.

Bloomberg propose des terminaux qui permettent aux traders d'obtenir des informations en temps réel issues des places financières tout en pouvant également discuter en ligne.

Mais l'investissement des banques de Wall Street en 2014 dans Symphony a été perçu comme un effort conscient pour échapper à la dépendance aux terminaux de Bloomberg après le scandale en 2013 qui révéla que les journalistes de Bloomberg pouvaient voir ce que les clients lisaient sur leurs terminaux.

Version originale: Oscar Williams-Grut/Business Insider

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