Les cofondateurs de Snap Evan Spiegel (centre) et Bobby Murphy sonnent la cloche du New York Stock Exchange le 2 mars 2017. REUTERS/Lucas Jackson

Snap Inc., la maison-mère de Snapchat, publie ses résultats pour le deuxième trimestre 2017 ce soir, après la clôture de la Bourse de New York.

Ce sera son deuxième trimestre en tant qu'entreprise cotée. 

L'appli d'échange de photos et vidéos éphémères est attendue au tournant, car elle ne parvient pas à briller depuis son introduction en bourse en mars 2017.

En juin dernier, le cours de l'action est retombé à son niveau d'introduction

C'est notamment parce que Snapchat a un gros problème: la croissance de son nombre de nouveaux abonnés quotidiens actifs a dangereusement ralenti en 2017.

Pire, son rival Instagram, qui a copié sa fonctionnalité Stories il y a un an, connaît une croissance exceptionnelle. Au point où certains à l'image du rappeur DJ Khaled, un des premiers à avoir adopté Snapchat — fuient l'appli éphémère pour rejoindre Instagram.

Bien qu'Evan Spiegel affirme qu'il se "fiche" des imitations de Facebook, il est impossible que le succès d'Instagram n'attaque pas le moral des troupes. Le DG de Snap a reçu une douzaine de questions de ses employés concernant cette rude concurrence, demandant s'ils devaient s'inquiéter. Ce à quoi Spiegel a répondu avec un laconique: "Non."

REUTERS/Mike Blake

Enfin, Evan Spiegel continue de présenter Snap comme une "entreprise de vidéo". Mais il est évident que l'appli essaie de rester à la pointe des innovations sur son réseau social, à grands coups de nouvelles fonctionnalités lancées à un rythme effréné, notamment dans l'objectif de faire rester plus longtemps ses utilisateurs.

Les indicateurs qui comptent

La publication des résultats pour les mois d'avril à juin 2017 arrive donc comme un test en forme de "ça passe ou ça casse"

Wall Street va chercher à savoir si Snapchat est armé pour résister à Instagram et si c'est une entreprise en croissance. Pour cela, les investisseurs guettent trois choses: 

  • le revenu moyen par utilisateur (ARPU) — c'est à dire la capacité de Snap à gagner de l'argent avec ses utilisateurs — qui s'élevait à 0,90$ au T1 contre 1,05$ au T4 2016 (à titre de comparaison, Facebook génère 4,73$ par utilisateur);
  • la croissance des utilisateurs actifs quotidiens (DAU): Snapchat avait séduit 8 millions de nouveaux DAU au T1, un net ralentissement comparé aux 15 millions recrutés au T4 2016, mais en ligne avec les 26 millions de DAU sur 2017 attendus par Trefis. Plus que les utilisateurs mensuels, les DAU sont preuve d'engagement — un critère sur lequel Snap s'est toujours démarqué de Facebook mais où ce dernier commence à le rattraper;
  • le développement de Snap à l'international, susceptible de prendre le relais du marché américain quand Snapchat en sera trop dépendant.

Côté résultats, le consensus des analystes mise sur: 

  • Chiffre d'affaires attendu au T2 2017: 189,30 millions de dollars (+164% sur un an), contre 149,6 millions de dollars au T1 2017
  • Perte par action: 0,14$ par action contre une perte de 2,31$ par action au T1 2017.

Debra Aho Williamson, analyste du cabinet d'études eMarketer, a expliqué pourquoi les attentes sont aussi importantes:

"Beaucoup de choses dépendent de ce que Snapchat annoncera pour ce trimestre. La pression d'Instagram ne faiblit pas, donc tout élément de preuve que l'engagement des utilisateurs recule ou que les recettes publicitaires fléchissent seront sujets d'alerte. Ceci dit, Snapchat a annoncé des initiatives importantes ces deux derniers mois, dont les lancement de Snapchat Ad Manager et Snapchat Publisher. Tous deux contribueront à faire générer de nouvelles recettes publicitaires, notamment d'annonceurs plus petits."

Mais si les résultats déçoivent, le coup de bambou pourrait être violent: le 14 août, une période de "lockup" expire sur 782 millions de titres détenus par des employés de Snap qui, lâchés ensemble sur le marché, pourraient entraîner le cours de Bourse encore plus bas.

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