Veille d'élections législatives à Amsterdam, aux Pays-Bas, Reuters/Michael Kooren

Ce mercredi 15 mars, les Néerlandais se rendent aux urnes pour choisir leur prochain premier ministre. Ces législatives sont l'un des importants scrutins en Europe cette année.

Elles seront suivies des élections en France et en Allemagne et sont perçues par certains comme un baromètre de la montée du populisme dans une partie du monde.

Geert Wilders porte le flambeau du populisme néerlandais. Bien que très haut dans les sondages, le système de représentation proportionnelle ainsi que la fragmentation du paysage politique néerlandais ne lui laissent quasiment aucune chance de prendre le pouvoir. 

Voici ce qu'il faut savoir sur les élections législatives aux Pays-Bas. 

Comment ça marche

Le paysage politique néerlandais est très fragmenté avec plus de 28 partis qui devront être départagés par les électeurs aux Pays-Bas. Lors du scrutin de 2012, 11 partis étaient entrés au Parlement. Le parti libéral VVD et le parti travailliste PvdA avaient formé une coalition.

En raison du grand nombre de partis sur les rangs, une coalition entre au moins deux partis est nécessaire pour former une majorité au gouvernement. Les négociations pour former ces coalitions prennent souvent plusieurs semaines. Il y a 150 sièges au Parlement des Pays-Bas et il faut en contrôler une majorité pour former le gouvernement. 

Les résultats seront annoncés jeudi. 

Les principaux partis

Il y a six partis susceptibles de rafler beaucoup de sièges lors de ces élections: 

Le Parti populaire libéral et démocrate (Volkspartij voor vrijheid en democratie, VVD)

Le VVD est le parti du Premier ministre sortant Mark Rutte. Il a remporté 40 sièges lors des législatives de 2012 et pourrait rester la principale force du Parlement cette année, même avec moins de sièges.

Le Parti travailliste (Partij van de Arbeid, PvdA)

Le "Parti du travail", mené par Lodewijk Asscher, était arrivé deuxième lors des dernières élections mais pourrait perdre du terrain mercredi. Le parti a été fortement critiqué pour son soutien de mesures d'austérité.

Geert Wilders du parti d'extrême droite PVV party à La Haye, le 15 mars 2017. REUTERS/Dylan Martinez

Le Parti pour la liberté (Partij voor de Vrijheid, PVV)

Geert Wilders, à la tête de ce parti d'extrême droite anti-immigration et eurosceptique, est bien placé dans les sondages depuis plusieurs mois et était donné gagnant dans le vote populaire. Cette tendance s'est inversée au cours des dernières semaines. 

L'Appel chrétien-démocrate (Christen Democratisch Appèl, CDA)

Sybrand van Haersma Buma est à la tête d'un des plus conservateurs des grands partis néerlandais, le CDA. Historiquement très religieux et conservateur sur les sujets de société, le parti est devenu plus laïque ces dernières années. 

Les Démocrates 66 (Democraten 66, D'66)

Alexander Pechtold dirige le parti progressiste et pro-Européen D66, fondé en 1966. Le parti est pour la légalisation de la production de cannabis. Alexander Pechtold a régulièrement croisé le fer avec Geert Wilders, notamment après que le président du PVV publie sur Twitter une fausse photo du leader du D66 entouré d'Islamistes radicaux.

La Gauche verte (GroenLinks, GL)

Jesse Klaver, à la tête des Verts, est le plus jeune chef de parti du pays à l'âge de 30 ans. Son parti fait campagne sur le thème du changement et du renouveau, ce qui séduit les plus jeunes électeurs.

Qui peut gagner? 

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte en campagne à La Haye, le 14 mars 2017. REUTERS/Yves Herman

Même si le parti d'extrême droite de Geert Wilders devait remporter le vote populaire, il reste peu probable qu'il devienne le prochain Premier ministre néerlandais car la plupart de ses rivaux ont exclu de former une coalition avec son parti, le PVV. 

Parmi eux: le VVD, le CDA, le D66, la Gauche Verte et l'Union chrétienne.

Mais le Premier ministre Mark Rutte a encore dit lundi qu'il y avait de vraies chances que Geert Wilders remporte le vote populaire. 

"Il y a un risque qu'on se réveille le 16 mars dans un pays où Geert Wilders dirige le premier parti et cela enverra un signal au reste du monde", a-t-il dit à des journalistes à Rotterdam, rapporte Reuters. Il demandait aux électeurs d'arrêter "le mauvais populisme" dans les urnes.

Autre incertitude: qui profitera des tensions du week-end dernier entre les Pays-Bas et la Turquie? Deux ministres turcs ont été empêchés de tenir des meetings électoraux à Rotterdam. 

La réponse ferme de Mark Rutte a été saluée dans son pays, mais elle pourrait aussi renforcer Wilders et son agenda anti-immigration. Des thèmes extrémistes qu'il a imposé dans la campagne. 

Version originale: Barbara Tasch/Business Insider UK

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