La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, au American Enterprise Institute à Washington, le 3 avril 2017. REUTERS/Joshua Roberts

Le premier tour de l'élection présidentielle française a lieu dimanche.

Comme rarement, le scrutin est suivi de près à l'étranger. Il fait l'objet des Unes de la presse internationale et de billets humoristiques par des icônes de la télévision américaine comme John Oliver.

Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), expose dans un entretien accordé au Figaro et aux quotidiens européens de l'alliance Lena les raisons pour lesquelles les yeux du monde sont rivés sur l'élection présidentielle française en général et le premier tour en particulier: 

"La France compte par son rôle dans le monde, par le poids de son économie dans l'euro et parce que certaines idées viendraient y perturber l'architecture même de l'Union européenne." 

Autrement dit, les partenaires européens de la France et les partenaires internationaux de l'Europe sont impatients de savoir si Marine Le Pen et/ou Jean-Luc Mélenchon seront au deuxième tour de la présidentielle car leurs programmes respectifs peuvent avoir une incidence directe sur l'économie et les relations internationales d'autres pays.

Marine Le Pen propose de sortir de l'euro pour revenir au franc et Jean-Luc Mélenchon suggère de dévaluer l'euro et le faire coexister avec une monnaie nationale. Marine Le Pen propose aussi de sortir de l'Union européenne, alors que la France en est l'un des membres fondateurs.

A l'inverse, Emmanuel Macron affirme clairement souhaiter renforcer le rôle moteur du couple franco-allemand pour rénover l'Europe et François Fillon mise aussi sur plus de coopération pour créer une "alliance européenne de défense".

"Le plus tôt cette inconnue sera levée et mieux cela vaudra pour l'économie mondiale et pour les 19 pays de la monnaie commune", poursuit Christine Lagarde.

Le mois dernier, la patronne du FMI avait esquissé les deux scénarios qui guettaient la France à l'issue des élections du 23 avril et 7 mai prochains: 

"On aboutit soit à un renforcement possible du rôle franco-allemand, soit à une hypothèse lourde de conséquences non seulement pour la France, mais pour toute l'Union européenne... Cette hypothèse est celle d'une sortie de l'euro qu'envisagent certains candidats. Elle ouvrirait, à court terme, une période de très grave incertitude, de grand déséquilibre et d'appauvrissement de la France."

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