REUTERS/Eddie Keogh

  • Les principaux groupes de pression de la City de Londres sont mécontents du plan du gouvernement pour le secteur financier après le Brexit.
  • Le lobby City of London Corporation a décrit le document comme "un véritable coup dur pour le secteur financier et les services associés au Royaume-Uni ".
  • Le gouvernement dit qu'il cherchera un système d'équivalence réglementaire, plutôt que l'arrangement de reconnaissance mutuelle qui était initialement envisagé.

Les principaux groupes de pression de la ville de Londres sont mécontents du plan du gouvernement pour le secteur des services financiers du Royaume-Uni après le Brexit, suite à la publication du livre blanc de la Première ministre Theresa May sur la sortie de l'Union européenne.

En vertu des règles actuelles, le Royaume-Uni utilise le passeport financier — un ensemble de règles et de règlements qui permettent aux entreprises de la finance basées au Royaume-Uni de commercer et de vendre leurs services en Europe — mais risque de perdre ces droits après le Brexit. Il leur faut donc créer un nouveau plan pour le secteur des services financiers.

Deux lobbies — la Corporation de la City de Londres et TheCityUK — ont exprimé leur mécontentement à l'égard du nouveau plan du gouvernement de May, qui cherchera un système d'équivalence réglementaire, plutôt que l'arrangement de reconnaissance mutuelle qui était initialement envisagé.

"Le livre blanc du Brexit publié aujourd'hui est un véritable coup dur pour le secteur des services financiers au Royaume-Uni," a déclaré Catherine McGuinness, responsable des questions politiques à la City de Londres, dans un communiqué.

"Avec des liens commerciaux moins stricts avec l'Europe, le secteur financier et les professions associées seront moins en mesure de créer des emplois, de générer des impôts et de soutenir la croissance de l'ensemble de l'économie. C'est aussi simple que cela," ajoute McGuinness.

"Le secteur est clair depuis le référendum: l'équivalence sous sa forme actuelle n'est pas adaptée à l'objectif, et ainsi, tout 'renforcement' de ce régime devrait être conséquent".

L'opinion de McGuinness est partagée par Miles Celic, le directeur de TheCityUK, qui représente l'ensemble de l'industrie des services financiers du Royaume-Uni. Celic a décrit le plan du gouvernement comme étant "regrettable et frustrant" dans une déclaration.

"La question primordiale pour le secteur financier et les services associés est la capacité de continuer à servir les clients," a-t-il dit.

"La reconnaissance mutuelle aurait été le meilleur moyen d'y parvenir. Il est donc regrettable et frustrant que cette approche ait été abandonnée avant même d'arriver à la table des négociations".

Dans le cadre du livre blanc, le gouvernement a déclaré qu'il cherchera à améliorer les exigences existantes en matière d'équivalence des règles entre l'Union européenne et les autres pays.

L'équivalence est un cadre dans lequel l'Union européenne reconnaît que le cadre juridique, réglementaire et de surveillance d'un pays hors-UE, est aussi bon que le sien, et permet donc à cet État d'accéder au secteur des services financiers au sein du bloc.

Cependant, aux yeux du gouvernement, ces règles ne sont "pas suffisantes pour traiter avec un pays tiers dont les marchés financiers sont aussi étroitement liés à ceux de l'UE que ceux du Royaume-Uni". Par conséquent, le livre blanc cherche à utiliser ces règles comme base d'un arrangement plus profond entre les deux pays.

Selon le livre blanc, un tel arrangement pourrait "maintenir les avantages économiques de la disposition transfrontalière des services financiers internationaux les plus importants entre le Royaume-Uni et l'Union européenne — c'est à dire ceux qui génèrent les plus grandes économies d'échelle et d'envergure — tout en préservant la coopération en matière de réglementation et de surveillance, et en maintenant la stabilité financière, l'intégrité du marché et la protection des consommateurs".

Il ne s'agit toutefois pas de l'approche privilégiée par la City de Londres en matière de réglementation des services financiers post-Brexit. Les groupes financiers sont favorables au modèle de reconnaissance mutuelle, selon lequel le Royaume-Uni reconnaît les réglementations de l'Union européenne concernant le secteur des services financiers, et l'UE en fait de même avec le Royaume-Uni, les deux ensembles de règles étant étroitement alignés.

Malgré la colère de la Corporation de la City de Londres et de TheCityUK, certains groupes sont positifs quant à la position adoptée par le livre blanc.

L'Association des marchés financiers en Europe, par exemple, a déclaré qu'elle saluait les plans présentés.

"Nous espérons que cela constituera la base des négociations pour progresser, reconnaissant l'importance de minimiser la fragmentation, de maintenir la stabilité financière et une coopération étroite en matière de surveillance," a déclaré le directeur général Simon Lewis.

Version originale: Will Martin/Business Insider

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