REUTERS/Mike Blake

Comcast a proposé mercredi, au lendemain du feu vert donné à l'achat par AT&T de Time Warner, de racheter moyennant 65 milliards de dollars (55 milliards d'euros) les actifs que Twenty-First Century Fox avait déjà accepté de céder à Walt Disney en décembre.

Comcast avait confirmé en mai qu'il préparait une offre toute en numéraire et supérieure à celle de 52 milliards de Disney, qui était elle intégralement en titres. Mais il attendait précisément le jugement du tribunal sur le dossier AT&T-Time Warner avant de se lancer.

Il a dit mercredi que son offre était supérieure de 19% à celle de Disney.

Enhardi par cette décision de justice qui vient couper court aux manoeuvres de la Maison Blanche en vue de bloquer cette méga-fusion, Comcast est bien parti pour devenir la figure de proue des médias traditionnels qui tentent de rapprocher distribution et production afin de faire face à la concurrence de géants d'internet tels que Netflix et Google .

Les nouveaux venus produisent du contenu, vendent directement en ligne au consommateur et proposent souvent de la juteuse publicité ciblée.

Il se peut que Comcast rencontre plus de difficultés qu'AT&T car il a déjà son propre réseau télévisé et son studio de cinéma au sein de sa division NBC Universal, un chevauchement qui n'existe pas dans l'opération AT&T-Time Warner.

Dans une lettre adressée au conseil d'administration de Fox, Brian Roberts, le PDG de Comcast, écrit: "Nous sommes certains que notre transaction obtiendra toutes les autorisations nécessaires en temps et en heure et qu'elle est autant que la transaction de Disney, voire plus, susceptible de recevoir le feu vert des autorités".

Les juristes du département de la Justice qui avaient tenté de faire obstacle à la fusion AT&T-Time Warner craignaient que les consommateurs ne subissent des hausses de prix et certains avocats observent que le problème est le même dans le cas de Comcast et de Fox car l'opération regrouperait deux studios de cinéma et deux grands réseaux de télévision.

"On ne peut pas passer sous silence qu'il y aura moins de contenus indépendants" après l'opération AT&T-Time Warner, dit ainsi Henry Su, expert antitrust de Constantine Cannon.

Pour autant, la bataille judiciaire qui a fait rage autour de cette acquisition a donné à Comcast de précieuses informations sur la manière dont il devait monter sa transaction, observe David Scharf, expert en contentieux de Morrison Cohen.

"On sait quelles sont les préoccupations du gouvernement et on peut apprendre comment monter une opération pour la rendre plus acceptable", dit-il.

Disney lui-même a lui-même conçu son affaire avec une précision "chirurgicale", évitant Fox Broadcasting et les grands réseaux sportifs Fox, avait dit la semaine dernière Makan Delrahim, patron de l'antitrust gouvernemental.

Cela dit, Comcast doit encore convaincre la famille de Rupert Murdoch, principal actionnaire de Fox. Elle détient 17% du capital et encaisserait pourtant une plus-value de plusieurs milliards de dollars si l'affaire se faisait, ont dit des experts fiscaux à Reuters.

Craif Moffett, analyste de MoffettNathanson, constate lui que Disney peut remporter la course pour d'autres motifs.

"Disney a un bilan bien meilleur, et il en va de même pour la dette, les fonds propres et en définitive la logique de l'opération pour avoir la haute main sur Comcast s'il y a bataille d'OPA", énonce-t-il.

Les actions Comcast, Fox et Disney variaient peu en après-Bourse.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Un juge a validé la fusion à 85 Mds$ de AT&T et Time Warner — et cela affectera l'avenir du M&A dans les médias pour des décennies

VIDEO: Voici ce que ça fait de voler à plus de 900 km/h dans un jet de combat avec des pilotes d'élite