Thomas Buberl, directeur général d'AXA. REUTERS/Charles Platiau

Un pétrolier au capital d'une entreprise spécialisée dans l'internet des objets : l'entrée de Total Energy Ventures chez Sigfox en fin d'année dernière est l'illustration des prises de participations de groupes français dans les startups.

Jugés encore insuffisants pour bpifrance, ces investissements s'organisent pourtant. 

En 2016, 14 grands entreprises françaises ont investi 466 millions d'euros, dont 156 millions en France via leurs propres fonds de capital-risque, selon une première étude de Deloitte sur le sujet du "corporate venture capitalists", menée avec Orange Digital Ventures. 

"En 2015, grâce à un environnement réglementaire plus favorable, on a observé une dizaine de créations de fonds de capital-risque de corporates. L'an dernier, on a vu les premiers résultats et le nombre de transactions explosé", note Pauline Pham, startup ecosystem manager fintech et insurtech chez Deloitte, interrogée par Business Inisider France.

En fonction des stratégies d'investissement, il existe trois modèles de fonds dans les entreprises françaises, détectés par Deloitte :

  • le partenariat strict — "Il s'agit d'un fonds très lié à la société mère auquel il appartient. Il n'y aura pas d'investissement s'il n'y a pas un partenariat avec la startup, si elle travaille avec des concurrents ou sert d'autres intérêts", explique Pauline Pham.
  • le partenariat flexible —"C'est le modèle le plus utilisé. Ce sont des investissements dans des activités qui auront un impact dans le futur, sur le marché coeur ou adjacent du groupe." Dans ce cas, il y a moins de contraintes, à l'instar de clauses d'exclusivité. La groupe peut aller jusqu'à déléguer la gestion de son fonds à un mandataire, comme le fonds SCNF Digital Ventures géré par Hi Inov qui a réalisé quatre levées en 2016.
  • l'autonomie complète — "C'est le modèle le plus extrême. C'est une vision très financière qui peut même investir dans des activités concurrentielles à la maison mère." Ce type de fonds est proche de l'indépendance. L'un des exemples est AXA Strategic Ventures qui a réalisé treize levées — premier acteur sur ce critère.

Sur 13 fonds mono-corporate du panel de Deloitte, outre AXA Strategic Ventures et SCNF Digital Ventures, figurent Open CNP, Safran Corporate Ventures, Sodexo Ventures, Institut Mérieux ou Seb Alliance. Interrogée, Deloitte n'a pas voulu communiquer la liste complète.

Le moins doté gère 20 millions d'euros et le plus gros, 250 millions d'euros. Les tickets minimum sont de 500.000 euros pour une capacité d'investissement de 90 millions d'euros selon les calculs de Deloitte.

Les principaux secteurs d’investissements sont la santé, les fintech, l'énergie, les transports, et les "Big Data".

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