Le président de la BCE Mario Draghi à Lindau, en Allemagne, le 23 août 2017. REUTERS/Arnd Wiegmann

Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne s'est réuni ce jeudi 7 septembre après une trêve estivale pour annoncer ses dernières décisions en matière de politique monétaire. 

Comme attendu, la politique monétaire de la BCE ne change pas: les taux d'intérêts ou les rachat d'actifs — programme de soutien à l'économie — ne sont pas modifiés.

Le taux de refinancement, principal instrument de la politique monétaire de la BCE, reste ainsi à zéro, le taux de la facilité de dépôt à -0,40% et le taux de prêt marginal à 0,25%. Les rachats d'actifs sont maintenus à 60 milliards d'euros jusqu'à fin décembre "ou ou au-delà, si nécessaire, et, en tout cas, jusqu’à ce que le Conseil des gouverneurs observe un ajustement durable de l’évolution de l’inflation conforme à son objectif".

"Le Conseil des gouverneurs prévoit que les taux d’intérêt directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels pendant une période prolongée, et bien au-delà de l’horizon fixé pour les achats nets d’actifs", a ajouté la BCE dans un communiqué.

Mais les investisseurs guettaient surtout les déclarations du président de la BCE Mario Draghi. Outre ses prévisions économiques, ils guettaient les éventuelles indications sur le calendrier et les modalités possibles de la réduction d'achats d'actifs, sur les perspectives d'évolution de l'inflation et sur l'impact de l'appréciation continue de l'euro.

Voici ce que Mario Draghi a déclaré jeudi après-midi sur ces sujets lors d'une conférence de presse à Francfort: 

"La récente volatilité du taux de change représente une source d'incertitude qui nécessite un suivi de ses implications possibles pour la perspective à moyen terme de stabilité des prix."

"Les perspectives d'inflation à moyen terme ont été révisées en baisse dans les projections des équipes [de la BCE], ce qui signifie que nous devrons prendre cet élément en compte dans notre panoplie d'informations pour nos décisions de politique [monétaire] à venir."

"L'expansion économique, qui a accéléré plus que prévu sur la première moitié de 2017, demeure solide et généralisée à travers les pays et les secteurs."

"Cet automne, nous déciderons du calibrage de nos instruments de politique [monétaire] au-delà de la fin de l'année, en prenant en compte la trajectoire attendue de l'inflation et les conditions financières nécessaires pour un retour durable du taux d'inflation vers des niveaux proches mais inférieurs à 2%"

"A propos de la date [sur le futur du programme QE, ndlr]: comme déjà dit le Conseil des gouverneurs en discutera cet automne, c'est un sujet complexe mais probablement que l'essentiel de ces décisions sera pris en octobre."

"Notre programme a été conçu pour implémenter notre mandat. Et notre mandat est de maintenir la stabilité des prix dans toute la zone euro. C'est ce qui détermine le sens, la dimension, le timing du programme [de QE]."

En juillet, Mario Draghi avait déjà laissé entendre que l'on discuterait en automne d'une éventuelle nouvelle réduction du programme de rachat d'actifs, déjà ramené de 80 milliards à 60 milliards d'euros début 2017. Mais depuis, l'euro s'est renforcé face au dollar, ce qui pourrait dissuader la BCE de prendre une nouvelle décision de ce type. 

L'euro progresse de plus de 14% face au dollar depuis le début de l'année, ce qui reflète l'amélioration de la conjoncture économique dans l'union monétaire mais pèse sur les perspectives d'inflation.

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