Mark Zuckerberg, Facebook

Mark Zuckerberg, CEO de Facebook, le 19 novembre 2016. REUTERS/Mariana Bazo

Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a envisagé d'entrer au gouvernement, selon des documents que Bloomberg a pu consulter

Les documents ont été révélés dans le cadre d'un procès, intenté par un actionnaire qui accuse le conseil d'administration de Facebook de ne pas avoir réussi à représenter les meilleurs intérêts des porteurs d'actions ordinaires de Facebook.

Le procès se focalise sur un changement opéré au sein de la structure du capital de Facebook plus tôt dans l'année. Mark Zuckerberg detient une majorité des droits de votes de Facebook, ce qui lui donne le contrôle de l'entreprise. 

Mais il voulait pouvoir liquider son action pour financer ses nouvelles activités philanthropiques — la fondation "Chan-Zuckerberg Initiative" — sans pour autant perdre le pouvoir. (Selon un article du Financial Times, les plaignants accusent Mark Zuckerberg d'"agglomération de pouvoir auto-intéressé".)

Mark Zuckerberg a donc proposé de créer une nouvelle classe d'actions pour lui-même, qui lui permettrait de faire ce qu'il voulait. Trois membres du conseil d'administration ont formé un comité spécial pour représenter les actionnaires dans les discussions. Ils ont été chargés de décider si la requête du fondateur de Facebook de vendre ses actions — tout en gardant le contrôle — était juste vis-à-vis des autres actionnaires.

Le comité a finalement accepté le plan de Zuckerberg. Le procès prétend que le projet a dilué les votes des autres actionnaires.

Un porte-parole de Facebook a refusé de répondre aux questions de Business Insider. Un porte-parole de l'entreprise a déclaré à Bloomberg que "Facebook est convaincu que le comité special a lancé un processus méticuleux et juste pour négocier une proposition qui défend aux mieux les intérêts de Facebook et de ses actionnaires."

Marc Andreessen

Marc Andreessen, investisseur de la Silicon Valley. Flickr.com/TechCrunch 

L'un des membres du conseil qui faisait partie de ce comité spécial était Marc Andreessen, cofondateur de Netscape, devenu investisseur de la Silicon Valley, qui est aujourd'hui à la tête du fonds de capital-risque Andreessen Horowitz.

Marc Andreessen est accusé de conflit d'intérêts parce qu'il est soupçonné d'avoir communiqué avec Mark Zuckerberg à plusieurs reprises, alors qu'il faisait partie de ce comité spécial, censé prendre une décision indépendante au sujet de l'action de Facebook. 

Certains messages échangés entre Marc Andreessen et Mark Zuckerberg ont été dévoilés dans les documents du procès — fournissant un aperçu inhabituel dans les méandres internes de la direction du réseau social. 

Il semblerait que l'une des motivations de Mark Zuckerberg était qu'il voulait pouvoir travailler au gouvernement, tout en gardant un contrôle sur Facebook. 

Selon les documents, Erskine Bowles, un membre du conseil d'administration de Facebook et ancien chef de cabinet de la Maison Blanche, "s'inquiétait que l'une des concessions que Mark Zuckerberg voulait — de permettre au milliardaire de travailler au sein du gouvernement pendant deux ans sans perdre le contrôle de Facebook — semblerait particulièrement irresponsable", selon Bloomberg.

Selon des copies des textos consultés par The Guardian, Marc Andreessen a envoyé un sms à Mark Zuckerberg en mars dernier, disant que "le plus gros problème" était "comment définir cette question du service au gouvernement sans que les actionnaires prennent peur que tu te détaches [de l'entreprise ndlr]." 

"Je pense que le plus gros problème demeure toujours cette mission auprès du gouvernement", a écrit Marc Andreessen dans un autre sms plus tard. 

"Erskine Bowles n'est juste pas à l'aise avec l'idée que tu ne détiennes presque plus aucune part puis que tu partes sans que l'avis du conseil d'administration, tout en gardant le contrôle sur la société", a-t-il dit. 

"Il s'inquiète que ce soit la goutte d'eau qui fasse déborder le vase dans l'optique de la bonne gouvernance." 

"Il est inquiet car c'est la chose que les gens vont pointer du doigt et dire 'comment les mecs avez-vous pu accepter cela'. En particulier, parce qu'il pense que la mission au gouvernement t'obligerait à renoncer au contrôle de Facebook de toute manière et que ce sera sujet à discussion."

"Mon contre-argument est que c'est bien parce que ce sera sujet à discussion, passsons ça et ça ne posera probablement jamais problème."

Au-delà de ça, le dossier ne comporte pas beaucoup de détails sur les ambitions gouvernementales supposées de Mark Zuckerberg — s'il envisageait un rôle d'élu ou une nomination par exemple ou s'il y avait un secteur précis en tête. 

Un autre membre du conseil d'administration de Mark Zuckerberg, le cofondeur de Paypal Peter Thiel, s'est aussi piqué de faire de la politique récemment. Peter Thiel était un des rares leaders de la Silicon Valley à soutenir Donald Trump durant la campagne présidentielle américaine, et a réussi à obtenir une poste dans l'équipe de transition de Donald Trump. 

 

Version originale: Rob Price/Business Insider UK

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