L'horloger Serge Kertchef ajuste une horloge à Marseille, le 24 janvier 2018. REUTERS/Jean-Paul Pelissier

La Commission européenne va trop vite pour les Etats membres. Ces derniers veulent plus de temps pour débattre de la question de la suppression du système de l'heure d'hiver et de l'heure d'été. Ils ont normalement jusqu'au mois d'avril 2019 pour se prononcer, pays par pays, et dire s'ils préfèrent rester définitivement à l'heure d'été toute l'année, ou à l'heure d'hiver.

Cependant, à l'issue d'une réunion informelle lundi 29 octobre à Graz, en Autriche, le ministre autrichien des Transports, Norbert Hofer, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne pour six mois, a estimé que la mise en œuvre d'une telle décision dès 2019 serait prématurée.

Le ministre a donné notamment l'exemple de l'industrie du transport aérien qui élabore ses plans de vols longtemps à l'avance et "a besoin de 18 mois pour se préparer" à un tel changement.

Par ailleurs, le Brexit s'invite aussi dans le débat car le Royaume-Uni n'a pas l'intention d'abandonner le changement d'heure, ce qui introduirait un décalage horaire une partie de l'année entre l'Irlande et l'Irlande du Nord. 

D'autres pays ont déjà donné leur préférence. La Pologne, Chypre et le Portugal, ont annoncé qu'ils voulaient rester à l'heure d'été, tandis que la Finlande et le Danemark seraient pour l’heure d'hiver. Quant à l'Espagne, elle pourrait carrément en profiter pour changer de fuseau horaire et repasser à l'heure de Greenwich comme son voisin le Portugal. En conséquence, elle ne serait plus sur le même fuseau que la France.

Outre le fait que d'une manière générale, la vie des frontaliers risque d'être chamboulée par les décisions des différents Etats, de nombreux secteurs d'activité devront se préparer techniquement aux changements.

L'Autriche suggère donc que le passage permanent à l'heure d'hiver ou à l'heure d'été n'ait lieu qu'en 2021. 

Le ministre danois des Transports, Ole Birk Olesen, a déclaré de son côté, qu'il fallait un débat public complet sur cette question, ce qui n'a pas encore eu lieu au Danemark, et qu'il n'était pas réaliste de supprimer le changement d'heure l'année prochaine.

Le Luxembourg quant à lui — où près de la moitié de la main-d'oeuvre locale vit en Belgique, en France ou en Allemagne — a plaidé pour le maintien d'un système harmonisé, son ministre déclarant qu'il serait "catastrophique" si ces pays se trouvaient sur des fuseaux horaires différents. 

Ces discussion interviennent à la demande de la Commission européenne qui constate que l'efficacité en matière d'économies d'énergies est faible par rapport aux contraintes de santé qu'implique le système. Sur demande du Parlement européen, elle a organisé cet été une vaste consultation à ce sujet. Plus de 4,6 millions d'européens y a répondu et 84% des participants ont indiqué qu'ils étaient pour la suppression du système d'heure d'hiver et d'heure d'été.

Après l'issue de la réunion de lundi, il apparaît que la majorité des pays (dont l'Autriche) veut mettre fin au changement d'heure et trois pays — la Grande-Bretagne, la Suède et la Pologne semblent sceptiques — selon Norbert Hofer.

La réunion de Graz était informelle, et aucune décision n'était attendue. La prochaine réunion officielle des ministres des Transports aura lieu le 3 décembre.

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