La "dysmorphie de Snapchat" est maintenant un terme utilisé par les médecins. YouTube/Avery Morrison

  • Les filtres Snapchat et Instagram commencent à influencer les critères de beauté des jeunes
  • De manière alarmante, de plus en plus de gens font appel à la chirurgie esthétique pour être mieux sur leurs selfies, d'après l'American Academy of Facial Plastic and Reconstructive Surgery. 
  • Dans le cadre d'un phénomène émergent troublant appelé "dysmorphie Snapchat", certains patients ont recours à la chirurgie pour ressembler à leurs selfies améliorés par un filtre.
  • D'après des chercheurs de l'Université de Boston, les filtres numériques contribuent probablement à une recrudescence de dysmorphie corporelle, caractérisé par une préoccupation ou une obsession excessive concernant un défaut dans l'apparence.

Les filtres Instagram et Snapchat sont le nouvel équivalent des photos glamour des célébrités, affichant des normes de beauté irréalistes susceptibles de pousser les gens à être mécontent de leur apparence réelle.

C'est ce qu'avancent trois chercheurs de l'Université de Boston, qui ont publié un article sur la dysmorphie corporelle dans la revue médicale JAMA Facial Plastic Surgery ce mois-ci. Cet article n'est pas une étude, mais une synthèse de plusieurs études et recherches du secteur.

La dysmorphie corporelle est un trouble psychologique qui se caractérise par une préoccupation excessive concernant un défaut dans l'apparence, et les auteurs de l'article estiment que les filtres Snapchat et Instagram sont en train de "modifier la perception de la beauté dans le monde entier".

Ils soulignent un phénomène particulièrement troublant: "la dysmorphie Snapchat". Ils le décrivent comme un phénomène émergent où les patients de chirurgie esthétique ne demandent plus à ressembler à des célébrités, mais aux versions améliorées d'eux-mêmes dans des selfies avec filtre, avec des "lèvres plus charnues, de yeux plus grands ou un nez plus fin".

La dysmorphie Snapchat a été évoquée pour la première fois par The Independent en début d'année, lorsqu'un chirurgien esthétique a déclaré que davantage de femmes demandaient à ressembler à leurs selfies. Les chercheurs de Boston ont écrit: "C'est une tendance inquiétante, car ces selfies avec filtre montrent souvent une apparence irréalisable et brouillent la frontière entre réalité et fantasme pour ces patientes."

Lucy Yang/INSIDER

Ils ajoutent: "On sait que l'angle et la proximité avec lesquels les selfies sont pris peuvent déformer les dimensions du visage et conduire à l'insatisfaction. Les patients peuvent avoir recours à la chirurgie dans l'espoir d'améliorer leur apparence dans les selfies et sur les réseaux sociaux." 

Et selon l'American Academy of Facial Plastic and Reconstructive Surgery, 55% des chirurgiens ont rapporté avoir eu des patients qui voulaient une intervention afin d'améliorer leur apparence sur les selfies en 2017, contre 42% un an plus tôt. 

"Dans l'ensemble, les applications comme Snapchat et Facetune offrent une nouvelle réalité esthétique à la société d'aujourd'hui", écrivent les auteurs de Boston. "Ces applis permettent à un individu d'altérer son apparence en un instant et conforte celui-ci ou celle-ci dans des standards de beauté irréalistes et souvent inaccessibles".

Business Insider a précédemment décrit comment les filtres pré-installés sur certains appareils photo de smartphones, particulièrement les smartphones asiatiques, blanchissaient la peau des gens et enjolivaient les traits du visage.

D'après les chercheurs de l'Université de Boston, la disponibilité immédiate des filtres et outils de retouche automatique des téléphones est un problème alarmant, qui contribue probablement à augmenter les angoisses corporelles chez les jeunes gens.

Ils écrivent: "Les mannequins et les acteurs étaient rendus parfaits dans les magazines et les publicités, mais le grand public n'avait pas facilement accès aux méthodes pour altérer leur propre apparence... Aujourd'hui, avec des applis comme Snapchat et Facetune, ce même degré de perfection est accessible à tous. Maintenant, ce ne sont plus seulement les célébrités qui propagent ces critères de beauté: c'est aussi un(e) camarade de classe, un(e) collègue ou un(e) ami(e)".

Version originale: Shona Ghosh/Business Insider UK

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