La chancelière allemande Angela Merkel à la convention de son parti CDU à Essen, en Allemagne, le 6 décembre 2016. REUTERS/Kai Pfaffenbach

"Was tun?" "Que faire ?"

La question turlupine beaucoup d'électeurs allemands appelés aux urnes ce dimanche 24 septembre pour renouveler leur Parlement et déterminer ainsi l'attelage qui va gouverner le pays pour les quatre prochaines années.

Les sondages donnent une solide avance à la chancelière Angela Merkel, candidate à un quatrième mandat.

Le parti d'Angela Merkel — les conservateurs du CDU-CSU — obtiendrait 37% des suffrages, contre 22% pour les sociaux-démocrates du SPD, selon un sondage de l'institut GMS rendu public jeudi.

Le parti populiste AfD pourrait dépasser les 10% des voix et devenir  le premier parti d'extrême droite à faire son retour au Bundestag depuis la chute du IIIe Reich. Il serait ainsi la troisième force au Parlement, devant les libéraux du FDP et la gauche radicale Die Linke (9% l'un et l'autre), suivis des Verts (8%), des petits partis susceptibles d'aider la CDU à obtenir une majorité pour gouverner.

Enfin, 34% des électeurs seraient indécis ou tentés par l'abstention. Et à quelques jours du scrutin, c'est cette incertitude qui créée toute la tension autour de cette élection. 

"Cette élection pourrait être une césure — dans le meilleur des cas, ce sera un renouveau, dans le pire, une menace pour la démocratie", résume l'hebdomadaire Die Zeit dans son dernier édito.

La perplexité des électeurs est nourrie par les scénarios de coalition qui se présentent à l'issue de législatives. En effet, si Angela Merkel est bien partie pour l'emporter, on se demande avec qui gouvernera celle qui a toujours sur adapter sa politique à l'air du temps, quitte à imposer des revirements comme pendant la crise des migrants.

Voici quelques choix qui s'offrent à un électeur allemand indécis aujourd'hui:

  • Si la CDU obtient une large victoire, elle pourrait former une coalition avec les libéraux de la FDP... perçue comme une coalition favorable aux classes plus aisées. Angela Merkel devrait veiller dans cette configuration à gérer l'imprévisible patron de la branche bavaroise de la CDU (CSU), d'une part, et le jeune leader plein de confiance du FDP, d'autre part.
  • Si — comme en France — les partis historiques CDU et SPD ressortent affaiblis de l'élection mais vainqueurs, ils pourraient former à nouveau une grande coalition... mais qui ferait des extrémistes de l'AfD la principale force d'opposition en Allemagne.
  • Si le SPD est, comme le PS en France, malmené dans les urnes, il pourrait — pour ne pas finir dissout dans la CDU — renoncer à gouverner à travers une grande coalition après le 24 septembre, juste pour rester un parti pertinent pour ses électeurs.
  • Une coalition dite "Jamaïcaine" — noir (CDU), jaune (FDP), vert (Grüne / Les Verst) — serait peut-être logique mais a été a priori exclue par les Libéraux et les Verts. S'ils changeaient d'avis, elle serait source de conflits à répétitions mais ferait du SPD la force d'opposition plutôt que de l'AfD. 

Il y a aussi quelques certitudes: 

  • Les partis de gauche SPD, Linke et Verts ont peu de chances de réunir ensemble assez de voix pour former une majorité.
  • L'alliance entre les socio-démocrates du SPD avec le FDP et les Verts est tout aussi peu probable.

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