De Google à Uber en passant par Tesla... de nombreux grands noms de la Silicon Valley ont été épinglés récemment dans des affaires de discrimination, harcèlement et sexisme.

Une nouvelle enquête du magazine américain The New Yorker révèle que ces cas connus ne seraient que "la pointe de l'iceberg".

Dans ce cadre, la journaliste Sheelah Kolhatkar s'est entretenue avec Ellen Pao, associée du fonds Kapor Capital, ancienne DG de Reddit, et surtout, la femme qui a osé poursuivre en justice le fonds d'investissement Kleiner Perkins Caufield & Beyers — une légende de la Silicon Valley qui a financé Amazon, Google et Snap — pour sexisme et harcèlement.

Selon Ellen Pao, ce sexisme a été exacerbé par deux phénomènes récents, alors que dans les années 90, le secteur était certes dominé par les hommes mais moins agressif car tout le monde était lié par sa passion pour la tech.

Le premier tournant s'est produit quand les fonds de capital-risque ont commencé à investir dans la tech. Ellen Pao explique au New Yorker:

"Il se trouve que c'étaient tous des hommes blancs diplômés du même petit groupe de grandes écoles. Et ils avaient tendance à investir dans des entreprises fondées par des gens qu'ils connaissaient ou par des gens qui leur ressemblaient."

Le second événement a été l'introduction en Bourse de Facebook en 2012, qui, selon le New Yorker, a "consolidé la réputation de la Silicon Valley comme un endroit où faire fortune rapidement."

Conséquence, selon Ellen Pao:

"Et voilà que sont arrivés les 'frat boys' [des hommes issus des fraternités étudiantes ndlr], et cela a changé la culture. C'était juste une ambiance différente. Les gens parlaient plus des trucs qu'ils faisaient que des produits qu'ils développaient".

Dans ces années-là, ce sont le nombre de fauteuils en conseil d'administration, la taille du terrain et le nombre de jets privés qui se sont mis à devenir importants, raconte l'ancienne VC de KPCB. Sans que personne ne réalise qu'ils créaient un cercle toujours plus difficile à pénétrer de l'extérieur.

"L'environnement de la Silicon Valley est très différent d’autres centres comme New York, Berlin ou encore Chicago. Vous devez parler la langue et c'est inquiétant pour un investisseur si vous ne la maîtrisez pas", avait ainsi admis un investisseur qui avait trouvé un nom pour les entrepreneurs extérieurs au sérail

De même, le cofondateur d'Evernote, Phil Libin, expliquait récemment à Business Insider France les limites du système de la Silicon Valley:

"En tant qu'investisseur, j'ai analysé les chiffres: si vous êtes un homme, blanc ou asiatique, âgé entre 21 et 27 ans, avec un diplôme en sciences informatiques de l'université de Stanford, et vous vivez toujours dans un périmètre de 80 km de Stanford, vous avez une chance passable de réussir. Pour chaque critère auquel vous ne correspondez pas, vos chances baissent."

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