Mars, The Martian

Mark Watney (joué par Matt Damon) dans le film "Seul sur Mars". YouTube/20th Century Fox

Elon Musk a affirmé que le premier vol habité de SpaceX vers Mars se ferait en 2024 lors de l'International Astronautical Congress qui s'est tenu la semaine dernière à Adélaïde (Australie).

Avant cela, deux vols sans passagers permettront de localiser des sources d'eau dans le sol martien et d'implanter un site chimique sur place pour transformer l'eau et le dioxyde de carbone de l'air martien en oxygène et en combustible de fusée. 

Et une fois les premiers Terriens arrivés sur Mars, des cargos seront régulièrement envoyés pour les réapprovisionner en nourriture notamment. 

Mais dans l'état actuel de la technologie, un voyage pour se rendre vers Mars prendrait environ 300 jours, autant pour revenir, et 300 jours d'attente entre les deux, racontait récemment Thomas Pesquet à l'Equipe Magazine.

A terme, Elon Musk projette d'envoyer un million de terriens pour coloniser la planète rouge. Et l'entrepreneur tech n'a pas vraiment précisé comment il allait s'y prendre pour subvenir aux besoins d'un million de personnes, fait remarquer Business Insider US

Selon D. Marshall Porterfield, ex-directeur de la division "Vie dans l'espace et sciences physiques" à la NASA, interrogé par nos confrères américains, pour mener à bien son projet de colonisation de Mars, SpaceX a besoin de systèmes bien spécifiques, qui n'existent pas encore:

"Son idée de colonisation? Elle nécessite... des systèmes biorégénératifs de support vital." 

Par "systèmes biorégénératifs de support vital", le scientifique entend des systèmes qui permettraient de recueillir les déchets produits par l'homme sur place (le dioxyde de carbone que l'on rejette, l'urine et les selles notamment), et d'utiliser des plantes ou d'autres formes de vie pour les recycler en nourriture, eau et air. 

C'est un peu l'idée que l'on retrouve dans le film "Seul sur Mars" où l'astronaute Mark Watney (joué par Matt Damon) utilise ses selles pour faire pousser des pommes de terre, mais à une échelle bien plus importante. 

D. Marshall Porterfield, interrogé par Business Insider US, parle d'une technologie qui "remplacerait ce que fait littéralement la Terre. C'est elle qui est notre système biorégénératif de support de vie actuel." 

Mark Watney (joué par Matt Damon) dans le film "Seul sur Mars". YouTube/20th Century Fox

Une telle technologie permettrait de réduire les missions de réapprovisionnement et d'aider à la survie de la colonie humaine sur Mars, qui serait à la fois écologique, indépendante et abordable. 

Mais pas sûr que l'entreprise spatiale fondée par Elon Musk soit capable de les créér, selon John Logsdon, un historien des vols spatiaux à l'Université George Washington interrogé par Business Insider US: 

"SpaceX est une très bonne entreprise en ingénierie. Ils vont certainement concevoir un système qui fera tout pour garantir une très haute sécurité. Mais ils n'ont pas dit un mot de comment les gens vont s'y prendre pour survivre une fois arrivés sur Mars. Ça ne fait tout simplement pas partie de leurs compétences."

Et rien ne semble indiquer que SpaceX ait récemment recruté des experts dans le domaine. 

Lors de la présentation de son plan détaillé pour coloniser Mars, Elon Musk a précisé qu'il espérait que l'aventure de SpaceX sur Mars soit "un grand partenariat public-privé" et que l'entreprise "faisait en sorte de faire le plus de progrès possible avec les ressources dont elle dispose". 

Un chercheur de l'université d'Etat d'Arizona a quant à lui estimé qu'en plus des obstacles d'ordre technique, Elon Musk devra aussi faire face à des barrières sociétales et politiques, comme des changements éventuels en droit spatial. 

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