Une cycliste avec un vélo Ofo à Paris, le 19 juillet 2018. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Les Français ont découvert depuis un an une nouvelle façon de se déplacer dans les métropoles: un vélo en libre-service qui n'est pas rattaché à une borne.

Avec un simple smartphone, vous pouvez désormais vous emparer d'un vélo garé dans la rue — normalement sur un emplacement réservé — et mettre fin à la location sans avoir à chercher une station la plus proche.

C'est ce qu'on appelle le "free-floating".

Ce type de services s'est notamment développé à Paris, Lille ou Angers. Selon un rapport du cabinet de conseil Roland Berger, il y aurait ainsi 5500 vélos en libre-service dans la capitale, sans compter le Vélib' (près de 9.000 vélos prévus).

Alors que les centre-villes des métropoles sont encombrés par les voitures, et que les transports en commun ne répondent pas toujours aux attentes des usagers (retard, propreté, rapidité...), le vélo prend une place de plus en plus importante, comblant un vide pour quelques centaines de mètres à quelques kilomètres.

Mais ce phénomène n'est pas français ni européen mais bien mondial, porté par deux entreprises chinoises qui s'étendent fortement hors d'Asie: Ofo et Mobike. En Chine, il y aurait ainsi plus de 9 millions de vélos. 

Selons l'étude du cabinet international Roland Berger, repérée par le journal suisse Le Temps, le phénomène est tel que le chiffre d'affaires du marché du vélo en libre-service approche déjà les 4 milliards de dollars et qu'il pourrait doubler d'ici 2021.

Le cabinet Roland Berger identifie cinq raisons qui pourraient expliquer cette croissance future exponentielle:

  • Des entreprises bien financées. Ofo a levé 2,2 milliards de dollars depuis sa création en 2014 et Mobike 928 millions de dollars, leur assurant les moyens financiers suffisants pour financer l'expansion géographique et le développement de nouveaux produits, y compris les vélos électriques
  • Une connectivité avec les autres modes de transports qui s'améliore. Le partage de vélos est de plus en plus "accepté comme un mode de transport urbain et entièrement intégré dans les offres multimodales". L'application Citymapper les inclut désormais dans les moyens de se déplacer.
  • Les changements de comportement d'achat. A l'image de la voiture, les consommateurs n'hésitent plus à partager plutôt que posséder un bien.
  • Des marchés plus fragmentés. Selon Roland Berger, la croissance se fait principalement dans un plus grand nombre de villes, mais avec un
    une plus petite clientèle en Europe et aux États-Unis.
  • Une concurrence et une réglementation plus fortes. La consolidation progressive du marché — à Paris le nombre d'opérateurs est passé de quatre à deux en quelques mois — devrait s'ajouter à un encadrement par les villes. 
    Les utilisateurs devraient devenir également plus exigeants avec les flottes de vélos, améliorant de fait les services.

L'attrait est tel pour ce marché que même des géants du transport plus traditionnel s'y intéresse. Ainsi, après la compagnie ferroviaire Deutsche Bahn en Allemagne, c'est Uber qui a laissé entendre qu'il pourrait avoir de sérieux problèmes s'il ne s'imposait pas sur le marché des vélos.

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