Mark Zuckererg. Getty Images/Chip Somodevilla

  • Des documents règlementaires montrent que Facebook a consacré un montant record à ses activités de lobbying en Europe en 2017, doublé pour atteindre 2,5 millions d'euros.
  • L'année dernière, l'entreprise a été confrontée à de multiples crises, notamment la diffusion de fake news, de contenu terroriste et l'ingérence électorale.
  • Des fonctionnaires européens ont demandé à Mark Zuckerberg et d'autres dirigeants de Facebook de s'expliquer devant le Parlement européen sur le scandale de Cambridge Analytica.
  • Cette année ne sera pas plus facile pour Facebook, alors que l'entreprise fait face à une nouvelle règlementation en matière de protection de la vie privée et à des politiciens de plus en plus déterminés à encadrer sur les géants de la tech.

Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a aucune envie de se présenter devant les politiciens européens et de s'expliquer sur les récents scandales de l'entreprise en matière de protection de la vie privée, mais il est heureux de dépenser des millions pour influencer discrètement leur point de vue. 

Facebook a consacré un montant record à ses activités de lobbying en Europe en 2017, alors qu'elle tentait d'apaiser de multiples crises telles que la diffusion d'informations fabriquées (fake news) et de discours haineux, et la réglementation sur le point d'entrer en vigueur en matière de protection de la vie privée.

Selon des documents de transparence européens publiés cette semaine, la société a doublé ses dépenses de lobbying en 2017 pour atteindre 2,5 millions d'euros (3 millions de dollars), contre environ 1,2 million d'euros (1,5 million de dollars) en 2016. Il a également augmenté le nombre de lobbyistes, passé de 10 à 15 employés.

Cet argent couvre tous les aspects des coûts de lobbying de Facebook, y compris les salaires, les frais généraux et administratifs, les dépenses opérationnelles et les honoraires versés aux cabinets de consultants et aux associations professionnelles.

Selon les données historiques recueillies par LobbyFacts, Facebook a dépensé moins de 500.000 euros en lobbying européen en 2011. Le fait que ce nombre ait quadruplé indique que l'Europe surveille de plus en plus Facebook et d'autres géants tech.

Alors que le scandale des données de Cambridge Analytica se révèle être la plus grande crise à laquelle Facebook a été confrontée à ce jour, les gouvernements ont déjà commencé à mettre la pression sur Facebook en 2017.

L'entreprise était notamment pressé de s'expliquer sur comment les trolls russes ont utilisé sa plateforme pour diffuser des informations fabriquées lors de l'élection présidentielle américaine de 2016.

En Europe, les services de renseignements russes ont tenté d'utiliser Facebook pour espionner la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron. Au Royaume-Uni, des députés ont demandé à maintes reprises à Facebook pourquoi les discours de haine continuaient d'apparaître sur le service. Et l'Allemagne a introduit de nouvelles lois strictes régissant la rapidité avec laquelle les sites de médias sociaux devaient supprimer les discours haineux sous peine de payer des amendes colossales.

Cette année ne sera ni plus facile, ni moins chère pour le réseau social. Facebook a commencé à se mettre en confirmé avec le Règlement général sur la protection des données (RGPD). Si l'Europe constate que Facebook fait défaut, les régulateurs auront le pouvoir de lui infliger une amende pouvant aller jusqu'à 4 % de son chiffre d'affaires annuel.

Enfin, les parlementaires européens aimeraient toujours voir Mark Zuckerberg en personne à propos du scandale de Cambridge Analytica, plutôt que ses inférieurs hiérarchiques chargés du juridique. Après que le président du Parlement européen Antonio Tajani a demandé à Zuckerberg de s'expliquer devant l'assemblée, Sheryl Sandberg a prévu de rencontrer des fonctionnaires pour discuter des politiques de confidentialité de l'entreprise ce mois-ci.

Version originale: Shona Gosh/Business Insider UK 

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