Mark Zuckerberg. Stephen Lam/Reuters

  • Facebook enquête sur une autre appli de quiz liée à l'Université de Cambridge à la suite du scandale du cabinet d'analyses de données, Cambridge Analytica.
  • Selon la revue The New Scientist, Facebook fait un audit de l'appli myPersonality app, qui a récolté les données provenant de 6 millions de personnes, dont 40% ont accepté de partager leurs données provenant de Facebook. 
  • Le Britain's Information Commissioner's Office, équivalent britannique de la Cnil, cherche également à savoir si les données récoltées avaient été mal anonymisées. 
  • Le créateur de l'appli myPersonality a dit que Facebook était au courant de l'existence de cette appli depuis des années. 

Facebook a lancé une enquête concernant une autre appli liée à l'Université de Cambridge après qu'elle a siphonné les données de millions d'utilisateurs de la plateforme. 

The New Scientist rapporte que Facebook enquête sur l'appli de quiz myPersonality, qui, selon la revue scientifique, a sécurisé les informations d'environ 3 millions de profils d'utilisateurs.

Le cas de l'appli myPersonality fait largement écho au scandale de Cambridge Analytica, le cabinet d'analyses de données a siphonné des millions de données provenant de profils d'utilisateurs de Facebook via l'appli de quiz "This is Your Digital Life", créée par Aleksandr Kogan. En effet, The New Scientist affirme que Kogan a collaboré au projet de l'appli myPersonality jusqu'en 2014. 

L'appli myPersonality — qui est toujours référencée sur le site internet de l'Université de Cambridge — a été créée en 2007 par David Stillwell, le directeur adjoint du centre de psychométrie de l'université. Selon Cambridge, elle a encouragé les utilisateurs de Facebook à passer des tests de psychométrie jusqu'en 2012. 

L'appli MyPersonality "a recueilli les données de plus de six millions de volontaires" au cours de ses cinq années pendant lesquelles elle était opérationnelle, 40% de ces volontaires "ont accepté de partager les données de leur profil Facebook". Cela a créé "l'une des plus grandes bases de données en sciences sociales de l'histoire", selon les informations que l'on peut lire sur le site de l'Université de Cambridge. De plus, les chercheurs ont aussi partagé ces données. 

"Les données ont été anonymisées et des échantillons ont été partagés avec des chercheurs du monde entier qui ont collaboré au projet myPersonality, ce qui a permis la publication de plus de 45 articles dans des revues à comité de lecture", peut-on lire sur le site de l'Université de Cambridge. 

Des informations concernant l'appli myPersonality app sur le site de l'Université de Cambridge. University of Cambridge

Facebook a confirmé à Business Insider UK qu'il enquêtait sur l'appli myPersonality, après l'avoir suspendue le 7 avril dernier. 

"Si myPersonality refuse de coopérer ou échoue à notre audit, nous allons l'interdire", a dit Ime Archibong, vice-président des partenariats produits de Facebook. 

Ceci intervient alors que Facebook a confirmé hier avoir suspendu 200 applis et être en train d'examiner des milliers d'autres pour savoir si elles ont utilisé de manière abusive les données des utilisateurs. 

Le Britain's Information Commissioner's Office, équivalent britannique de la Cnil, cherche également à savoir si les données récoltées avaient été mal anonymisées. Un nom d'utilisateur et un mot de passe pour pouvoir accéder à certaines des données ont été partagés par un chargé de cours sur GitHub, selon The New Scientist. Une porte-parole de l'équivalent britannique de la Cnil, a dit à Business Insider: "Nous sommes au courant d'un incident concernant l'appli myPersonality et nous sommes en train d'enquêter."

Un porte-parole de l'Université de Cambridge a dit que l'appli en question avait été créée par David Stillwell cinq ans avant son entrée au sein de l'institution. Le porte-parole a ajouté que l'appli n'a pas passé "les processus d'approbation éthiques", et que l'université "ne détient pas et ne contrôle pas l'appli ou ses données."

Business Insider UK a tenté de contacter le créateur de l'appli, David Stillwell, pour obtenir des éclaircissements. Il a toutefois dit au New Scientist que Facebook était au courant de l'existence de cette appli et a même participé à des réunions où le projet avait été discuté. "Il semble, par conséquent, un peu étrange que Facebook déclare désormais qu'il n'était pas au courant des recherches concernant myPersonality et de croire que l'utilisation des données de ses utilisateurs constituait une violation de ses termes d'utilisation", a-t-il dit. 

La revue The New Scientist a dit que Cambridge Analytica, qui a mis la clé sous la porte plus tôt dans le mois, a tenté d'obtenir l'accès aux données de l'appli myPersonality data à peu près au même moment qu'il l'a fait pour les recherches de Kogan. Cet accès lui a été refusé cependant, en raison de ses ambitions politiques. 

Version originale: Jake Kanter/Business Insider UK

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Voici toutes les informations personnelles vous concernant qui pourraient avoir été dérobées par des 'acteurs malveillants' selon Facebook

VIDEO: On a testé pour vous une masterclass où l'on fabrique des sucettes