Autolib s'arrête à Paris mais la facture s'annonce tout de même salée

REUTERS/Benoit Tessier

La société Autolib s'attend à recevoir d'ici lundi sa notification de résiliation de délégation de service publique après le vote en ce sens du syndicat intercommunal Autolib' Velib' Métropole

Le service s'arrêtera au jour de la résiliation indiquait cette semaine dans les médias Marie Bolloré, la directrice générale de Blue Solution, filiale du groupe Bolloré en charge d'Autolib.

Mais cette résiliation ne veut pas dire que cela arrête les frais.

Le groupe Bolloré entend bien obtenir des compensations pour cette rupture anticipée alors que sa délégation était censée courir jusqu'en 2023. 

Les pertes cumulées jusqu'à présent devront également être épongées. Le groupe Bolloré estime — à date — que le déficit allait atteindre 293 millions d'euros en 2023. Son contrat de délégation indique qu'il est tenu d'absorber ces pertes à hauteur de 60 millions d'euros. Ce qui laisserait 233 millions à payer par les communes, soit près de 46 millions par an pendant 5 ans. Ça c'est si la délégation poursuivait jusqu'en 2023. Vu qu'elle sera résiliée dans les prochains jours, logiquement, la facture sera moins lourde. 

D'après Marie Bolloré, les pertes s'élevaient fin 2017 à 210 millions d'euros, dont 60 millions à la charge du groupe Bolloré. Il reste donc encore au moins 150 millions à la charge des communes membres du syndicat Autolib.

S'ajoutent à cela les coûts de résiliation des contrats de sous-traitance et le rachat des bornes de recharge par le syndicat (15 millions prévus pour les bornes). Au final "on sera plus proche des 300 millions d’euros que des dizaines de millions évoqués par le syndicat mixte", estime Marie Bolloré dans une interview au Parisien.  

Un chiffre "astronomique", relevait jeudi Catherine Barrati-Elbaz, la présidente du syndicat Autolib', au cours de la réunion du comité syndical. "L'analyse juridique réalisée par le syndicat est très très inférieure, ça sera moins de 100 millions d'euros."

Au vu de ces différences d'appréciations, les négociations sur les modalités de fin du service s'annoncent agitées, d'autant que le groupe Bolloré n'a pas caché son intention d'aller au tribunal si besoin pour obtenir compensation. Il faudra donc certainement attendre quelques mois ou années pour avoir le coût final de la fin d'Autolib. 

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Lire aussi : Le syndicat Autolib refuse de payer 233 M€ au groupe Bolloré — et enterre de facto le système de voiture en autopartage

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  1. Docteur_Oliv

    Effectivement comme le dit l'affichette pourquoi une rupture si hâtive ?
    Dans ce contrat, pas de temps de prévenance ? On revient à plusieurs siècles en Arrière ! Comme toujours on voit que les Fonctionnaires savent bien rédiger et négocier un contrat.
    Pour quelque chose qui était présenté comme un Quasi Service Public on arrête plus vite que pour donner sa Dem à son Patron...Complètement Délirant
    PS : Merci de dire à vos collègues Journalistes qui se Gargarisent avec les "300 Millions que c'est une estimation pour 2023 !!! Pas le coût actuel

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