PSA, Carlos Tavares

Carlos Tavares, président du directoire de PSA Peugeot Citroen. REUTERS/Arnd Wiegmann

La Direction de la répression des fraudes (DGCCRF) accuse PSA d'avoir vendu près de deux millions de véhicules dont le moteur fonctionne selon des stratégies frauduleuses, rapporte Le Monde, citant des extraits d'un rapport transmis à la justice.

C'est le double du nombre de véhicules concernés par la fraude supposée de Volkswagen.

Et selon les calculs de Bercy, cette fraude PSA représente 33,86 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

Après le scandale des logiciels truqués chez Volkswagen à l'automne 2015, les autorités françaises ont lancé en début d'année des enquêtes sur les pratiques des constructeurs automobiles relatives aux émissions d'oxyde d'azote (NOx) considérées comme très polluantes.

Le Monde indique que PSA risque jusqu'à cinq milliards d’euros d'amende.

"Cette somme correspond à 10 % de la moyenne du chiffre d’affaires des exercices 2013, 2014 et 2015, selon le procès-verbal d’infraction", précise le journal.

Pour Volkswagen et Renault, ces amendes potentielles seraient de 19,7 milliards d'euros et et 3,58 milliards d'euros. 

Le quotidien ajoute que la DGCCRF estime que PSA a réalisé une "économie frauduleuse d'investissement" en intégrant un dispositif qui modifie le comportement du moteur pour être en conformité avec les normes d'émissions de polluants uniquement lors du test d'homologation plutôt que d’investir dans le développement loyal d'un moteur conforme à la réglementation et dans des technologies plus efficaces en matière de dépollution.

En Bourse, l'action PSA creusait ses pertes après la publication de l'article du Monde. Vers 11h30, le titre perdait 3,8% à 17,89 euros, contre plus de 18,10 euros auparavant.

"PSA dément toute stratégie frauduleuse et réaffirme avec force la pertinence de ses choix technologiques", a déclaré un porte-parole du constructeur.

Il a répété que le groupe n'avait pas équipé ses véhicules d'un "defeat device", en référence au logiciel truqueur au centre du scandale Volkswagen, et rappelé que les calibrations de PSA visaient à privilégier la réduction des oxydes d'azote (NOx) en ville et la réduction des émissions de CO2 sur route.

En Bourse, l'action PSA a creusé ses pertes après la publication de l'article du Monde. Le titre a clôturé en repli de 3,1443% à 18,02 euros, accusant ainsi la 2e plus forte baisse de l'indice CAC 40 (-0,022%) et alors que l'indice sectoriel européen de l'automobile est quasiment stable (-0,04%).

"PSA dément toute stratégie frauduleuse et réaffirme avec force la pertinence de ses choix technologiques", a déclaré un porte-parole du constructeur.

Le groupe a annoncé le dépôt d'une plainte auprès du Procureur de la République pour violation du secret de l’instruction.

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