Le DG d'AT&T Randall Stephenson. AP Photo/Evan Vucci

  • La fusion à 85 milliards de dollars entre AT&T et Time Warner a été approuvée mardi.
  • Le Département américain de la justice a perdu son procès antitrust pour bloquer la fusion.
  • L'affaire a été suivie de près par le secteur sur fond d'autres fusions-acquisitions.

Dans l'une des décisions antitrust les plus attendues depuis des décennies, le juge fédéral américain Richard Leon a approuvé la fusion à 85 milliards de dollars entre AT&T et Time Warner.

L'accord, conclu il y a près de deux ans, a permis à Randall Stephenson, directeur général d'AT&T, de remporter une victoire massive et potentiellement légendaire.

L'affaire a été suivie de près par une industrie en pleine consolidation.

"Cette décision du juge Leon aura de vastes ramifications pour le secteur de la technologie, des télécommunications et des médias pour les décennies à venir", a déclaré Daniel Ives, directeur de la stratégie chez GBH Insights, par mail à Business Insider avant que la décision ne soit rendue.

"Cet accord accélérera les initiatives de contenu et de streaming entre Time Warner et AT&T et sera un signal d'alarme pour les autres acteurs du câble et des télécoms avec tous ces actifs sous le même capot", a-t-il déclaré.

De nombreux avocats antitrust ont prédit que AT&T l'emporterait.

"L'opinion générale est que le gouvernement avait une pente très raide à gravir pour argumenter le premier dossier de fusion verticale", en plus de 40 ans, a déclaré Eric Mahr, ancien directeur du contentieux au ministère américain de la Justice (DOJ), à Business Insider.

Le DOJ  a également été interrogé plus sévèrement par le juge, qui est apparu parfois exaspéré pendant les arguments du gouvernement.

"N'est-ce pas un peu une danse kabuki où tout le monde menace de tout couper, mais ça n'arrive jamais?" Le juge Leon a posé la question en réponse à une déclaration au sujet de la menace de coupures de contenu.

La décision est un coup dur pour le DOJ. "Nous sommes déçus de la décision de la Cour aujourd'hui", a dit le procureur général adjoint Makan Delrahim dans une déclaration. "Nous examinerons de près l'opinion de la Cour et envisagerons les prochaines étapes à la lumière de notre engagement à préserver la concurrence au profit des consommateurs américains.

Le secteur se tourne maintenant vers une autre méga-fusion potentielle — le match entre Comcast et Disney pour l'acquisition de 21st Century Fox. Avec la victoire d'AT&T sur le DOJ, il semble probable que Comcast présentera rapidement son offre d'achat de Fox.

Un accord Comcast-Fox serait une autre fusion verticale, comme l'accord AT&T-Time Warner. L'avis de mardi montre le lourd fardeau que le gouvernement doit assumer pour gagner un procès de fusion verticale.

Mais certains experts ont exhorté à la prudence si on pense que le principal responsable antitrust du DOJ, Makan Delrahim, permettrait à un accord Comcast-Fox de passer sans opposition.

"Il n'est pas difficile d'imaginer [Delrahim] redoubler d'efforts pour envoyer un message aux entreprises", a déclaré un analyste de l'industrie à Business Insider.

Et l'accord AT&T-Time Warner n'est pas nécessairement encore tiré d'affaires. Le DOJ peut encore faire appel de l'affaire, une possibilité que certains experts de l'industrie pensent qu'il se produira.

"Makan Delrahim semble s'être personnellement investi dans cette affaire, de sorte que nous soupçonnons que le DOJ interjètera appel", a écrit Paul Gallant, analyste chez Cowen & Co.

Version originale: Abbey Jackson/Business Insider

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