Le procès entre Google et Uber va être un des plus gros affrontements de la Silicon Valley — voici comment on en est arrivé là

Le DG d'Uber, Travis Kalanick. Flickr/CC/TechCrunch

Google et Uber sont en guerre. Les deux géants de la Silicon Valley sont en train de se livrer une bataille juridique de grande ampleur.

En jeu: l'avenir des voitures autonomes sur lequel travaillent Uber et Google.

Waymo, la filiale d'Alphabet (la holding de Google) en charge de sa division de voitures autonomes, accuse Uber d'avoir utilisé une technologie de cartographie volée pour faire avancer ses recherches.

Ce vendredi 28 avril 2017, l'ingénieur d'Uber au coeur du procès annonce s'écarter de la division de voitures autonomes qu'il dirigeait.

Pour tout comprendre au combat qui oppose Google à Uber, voici la chronologie des faits.

Anthony Levandowski, ingénieur, quitte Google en janvier 2016 après neuf années.

Anthony Levandowski à un événement de l'université de Berkeley quand il travaillait encore chez Google. YouTube/UC Berkeley Events

Il travaillait au sein de la division de voitures autonomes de la multinationale américaine.

Anthony Levandowski crée Otto, une startup focalisée dans le développement de camions autonomes.

Il la lance avec un autre ancien ingénieur de Google, Lior Ron. 

Uber rachète Otto six mois plus tard.

Un camion autonome Otto avec ses trois capteurs externes. Business Insider/Jillian D'Onfro

Le 18 août 2016, Uber rachète cette startup de moins de 100 employés pour 680 millions de dollars, et s'allie avec le groupe Volvo pour développer des voitures autonomes. 

Google dépose une plainte en justice contre Uber le jeudi 23 février 2017.

Le DG d'Uber, Travis Kalanick, le 26 juin 2016. REUTERS/Shu Zhang

Waymo, la filiale d'Alphabet en charge de sa division de voitures autonomes, dépose une plainte contre Uber devant un tribunal de  San Francisco.

Levandowski est accusé d'avoir, six mois avant sa démission de Google, "téléchargé plus de 14.000 fichiers de design extrêmement confidentiels sur les différents systèmes hardware de Waymo, y compris des designs du LiDAR [un système de détection par laser, ndlr] de Waymo."

Uber demande que cette bataille soit réglée par arbitrage et non publiquement.

Le DG d'Uber, Travis Kalanick. Flickr/CC/TechCrunch

La plateforme de mise en relation entre chauffeurs de VTC et client a décidé de contre-attaquer le 27 mars 2017. Elle demande que les "accusation de Waymo concernant l'utilisation frauduleuse de secrets commerciaux (...) soient jugées comme non fondées".

Uber s'appuie sur le fait qu'il existait une clause d'arbitrage dans le contrat qu'avait signé Levandowski avec Google, son ancien employeur.

Si la demande est accordée, la bataille entre Uber et Google se règlera entre eux avec un "arbitre extérieur", et non publiquement.

On apprend que Google avait déjà déposé une demande d'arbitrage contre ses ex-employés Anthony Levandowski et Lior Ron en octobre 2016.

Le cofondateur d'Otto, Lior Ron. Capture d'écran This Week In.

La multinationale a accusé les ingénieurs d'avoir utilisé des informations internes à Google concernant les fiches de paies de salariés, pour débaucher certains employés chez Otto, puis chez Uber. Cette information n'a été révélée que le 29 mars 2017.

C'est également la première fois que l'on découvre que Lior Ron est lui aussi concerné par le procès, et mis en cause par Waymo.

Les avocats de Levandowski lui conseillent d'invoquer le 5e amendement de la Constitution des Etats-Unis afin de ne pas coopérer avec la justice.

Anthony Levandowski lors du SAE 2012 World Congress. YouTube/SAE Magazines

Le cinquième amendement permet notamment d'empêcher "qu'une personne ait à témoigner contre elle-même". Levandowski refuse ainsi pour l'instant de transmettre les fichiers au coeur du dossier à la justice.

Le New York Times, qui a révélé l'information en premier, souligne que les avocats d'Uber ont précisé qu'ils n'étaient pas en accord avec cette décision. "Nous avons un conflit", a dit Me Arturo Gonzalez.

Uber va contre-attaquer et nier la quasi-totalité des accusations

Le PDG d'Uber, Travis Kalanick. Reuters/Robert Galbraith

D'après les informations de Business Insider US, Uber est sur le point, vendredi 7 avril, de contrer Google et de plaider :

  • Que les 14.000 fichiers qui auraient été téléchargés par Levandowski n'ont jamais été utilisés chez Uber, ni dans sa technologie de voiture autonome.
  • Que le système de capteurs-laser "Lidar" d'Uber qui est mis en cause, n'a rien à voir avec ce que Google croit.

Le géant Google affirme quant à lui qu'Uber était au courant que Levandowski avait "pris des documents à Waymo" avant d'acquérir sa startup Otto.

Anthony Levandowski écarté de la division de voitures autonomes d'Uber qu'il dirigeait

Anthony Levandowski a expliqué dans un email interne obtenu par Business Insider US qu'il ne travaillerait plus sur aucune partie du développement du laser LiDAR, dont la technologie est au coeur du procès.

"S'il vous plaît, faites attention à ne pas m'inclure dans vos réunions ou vos mails en rapport avec LiDAR, ou me demander des conseils sur le sujet", a-t-il écrit.

[Une première version de cet article a été publiée le 5 avril 2017]

[Une deuxième version de cet article a été publiée le 7 avril 2017]

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