Drivy attend jusqu'à +50% des réservations les week-ends de grève à la SNCF. Drivy

  • Le premier épisode de la grève échelonnée à la SNCF a débuté ce mardi 3 avril 2018. Elle est prévue pour durer jusqu'au 28 juin.
  • Les Français s'organisent et les plateformes en ligne qui proposent des alternatives au train — covoiturage, bus, location de voitures entre particuliers — en profitent déjà. Sur Drivy, le site d'autopartage, une trentaine de personnes se frottent les mains.
  • A l'instar des vendeurs professionnels sur eBay, ces entrepreneurs gèrent une flotte de véhicules qui peut leur rapporter jusqu'à 100.000 euros de chiffre d'affaires sur un an.

Le premier épisode de la grève échelonnée à la SNCF — qui s'annonce très suivie — a débuté ce lundi 2 avril 2018 au soir. Nombre d'usagers se sont déjà reportés sur les plateformes en ligne qui proposent des alternatives au train — covoiturage, bus, location de voitures entre particuliers.

Ces startups sont les grandes bénéficiaires de la situation, avec des réservations qui ont augmenté ces derniers jours de 30 à 50%. C'est le cas chez Drivy, site de location de véhicules entre particuliers, qui revendique 1,5 millions d'utilisateurs dans six pays en Europe.

"Depuis l'annonce des jours de grève, il y a une hausse de la demande réservations de 50%. Ça ressemble aux pics de l'été comme un 15 août. Ça valide notre approche de l'imprévu qui vous permet de disposer d'une voiture en un clic", explique Quentin Lestavel, directeur France et Belgique de Drivy, interrogé par Business Insider France.

Sur la plateforme, 50.000 voitures sont disponibles dont 38.000 en France.

Forte d'une levée de fonds de 31 millions d'euros en 2016, la startup entend évidemment encore faire grossir cette offre dans les prochaines années. Mais elle ne mise pas que sur des particuliers pour remplir son objectif: elle compte aussi sur des professionnels, comme a pu le faire eBay avec ses vendeurs.

Depuis un an, 500 voitures sont gérées par une trentaine d'entrepreneurs dans cinq grandes villes françaises — Paris, Lyon, Marseille, Lille et Bordeaux. Si la grande majorité de ces professionnels dispose d'une dizaine de véhicules, quelques-uns en comptent déjà près de 100, toutes équipées du système Drivy Open — un boitier situé à l'intérieur de la voiture qui permet de déverrouiller le véhicule avec votre smartphone. 

Un an après le lancement, les premières données sont tombées: sur un an, avec une flotte de dix voitures, un professionnel peut espérer atteindre 100.000 euros de chiffre d'affaires par an, selon Drivy. A la différence des particuliers — pour lesquels la commission monte à 30% du coût du trajet pour un passager — celles des professionnels est de 20%.

"On passe du bon plan à un véritable business rentable. Pour une flotte de voitures neuves, il faut un apport de 25.000 à 30.000 euros. Dans les villes avec une grande densité, c'est 100.000 euros de chiffre d'affaires à la clé pour une année complète, avec un minimum de frais fixes et un investissement en temps limité", confie Quentin Lestavel.

Avec ce système, l'entrepreneur s'affranchit du déplacement pour remettre les clés au conducteur ou vérifier l'état du véhicule. La flotte de voitures peut donc continuellement tourner, charge à lui de trouver une place de parking adéquate.

"Avec la grève SNCF, ils vont certainement voir une augmentation des réservations. Le taux d'occupation de leurs voitures neuves sera bon", prédit le dirigeant.

Assumant parfaitement ce positionnement et accompagnant même les porteurs de projets via une offre dédiée — Drivy Entrepeneurs —, la plateforme compte dépasser les 1000 voitures disponibles par des professionnels d'ici fin 2018.

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