A la gare Saint-Lazare à Paris le 24 avril 2018. REUTERS/Philippe Wojazer

  • Le patron de la SNCF Guillaume Pépy a promis des billets à moitié prix pour que vous partiez en vacances cet été.
  • Cette initiative intervient alors que les syndicats — qui ont appelé à la grève depuis le 3 avril jusqu'au 28 juin — ont annoncé la tenue d'un référendum pour juger de l'opposition en interne au projet de réforme du gouvernement.
  • La bataille de l'opinion s'accélère.

Guillaume Pépy, le président du directoire de la SNCF, a déclaré vendredi 11 mai 2018 que la grève "perlée" entamée le 3 avril va d'ores et déjà coûter plus de 300 millions d'euros, a-t-il précisé sur France Info.

"La grève va coûter probablement plus de 300 millions d'euros, y compris les mesures commerciales qu'on prend". En plus des remboursements auxquels les voyageurs ont droit quand un train ne roule pas, la compagnie a pris des mesures supplémentaires. 

Le président a annoncé par ailleurs dans une interview au Parisien une "opération de reconquête", se traduisant par des rabais sur le prix des cartes de réductions et sur trois millions de billets de TGV valables.

"Il me paraît totalement normal d'avoir un signe sympathique vis-à-vis de nos clients pour redonner de la confiance", a-t-il défendu auprès du Parisien. "Nous allons faire des gestes commerciaux."

Voici les billets concernés par ces réductions:

  • 3 millions de billets de TGV et Intercités à moins de 40 euros.  Guillaume Pépy dit que ces billets seront valables sur toutes les destinations et tous les jours du 15 mai — date de mise en vente — au 31 août.
  • Cartes de réduction. Du 23 mai au 15 juin, elles seront vendues au même prix, 29 euros au lieu de 50 euros pour la carte jeune, 60 euros pour la carte senior et 75 euros pour les cartes enfant + et week-end.
  • Abonnements TER. Ils seront à moitié prix en juin. Pour l'Ile-de-France, une réunion aura lieu le 17 mai avec Valérie Pécresse, la présidente de la Région, pour définir les modalités.

Cette initiative intervient alors qu'un vote sera organisé par les syndicats du 14 au 21 mai pour "mesurer l'opposition à la réforme du système ferroviaire élaborée par le gouvernement." Les salariés devront répondre à la question suivante : "Êtes-vous pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement?".

Par le biais de cette initiative, inspirée du référendum de ces dernières semaines à Air France, les quatre organisations syndicales espèrent démontrer à l'exécutif et à la direction de l'entreprise que la mobilisation ne faiblit pas, après plus d'un mois de grève en pointillé.

Le référendum chez Air France a débouché sur la démission du PDG.

"La réforme ferroviaire est un sujet qui ne concerne pas que l’entreprise mais tous les Français et qui sera tranché par les élus nationaux dans quelques semaines", a estimé Guillaume Pepy dans cette interview au Parisien. "Personne ne peut confisquer le débat et le vote au Parlement", insiste-t-il, jugeant que la consultation des employés de la SNCF n'aura "aucune" légitimité.

Voté en première lecture à l'Assemblée nationale, le texte décrié par les syndicats doit arriver au Sénat à la fin du mois, le 23 mai en commission et le 29 mai en séance publique.

Le Premier ministre Edouard Philippe, après avoir dit qu'il ne reviendrait pas sur les grands principes de la réforme, doit à nouveau rencontrer les syndicats le 25 mai.

Le taux de grévistes à la SNCF s'est élevé mercredi à 14,46%, son plus bas niveau depuis le 3 avril, selon les chiffres communiqués par la direction, mis en doute par les syndicats.

Après une première journée à 33,9%, le taux d'agents grévistes a graduellement baissé pour atteindre 17,12% mardi, puis passer pour la première fois sous les 15%.

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