Service occasion au Leclerc de Roque-sur-Garonne. Facebook/E.Leclerc Roques

La tendance est bien ancrée depuis plusieurs années, les clients boudent les hypermarchés — trop grands, trop chronophages. Depuis l'invention du drive il y a 11 ans, ils n'ont quasiment rien fait pour résister à cette désaffection. Conséquence: les hypers perdent des parts de marché.

S'ils se maintiennent à peu près sur les produits alimentaires, le non-alimentaire lui est en nette baisse (-4% l'an dernier).

En cause, la concurrence du e-commerce bien sûr, mais également des GSS — les grandes surfaces spécialisées (sport, high tech, jouets, livres, électroménager, ameublement, bricolage...) — qui dominent leurs marchés. 

Dans ce contexte, toutes les idées sont bonnes pour rebondir, même les plus simples... comme faire un vide-grenier.

C'est l'hypermarché Leclerc de Roques-sur-Garonne, près de Toulouse, qui a eu cette idée. Un bon vieux vide-grenier pour que les clients reviennent. Vous y apportez vos produits: jeux vidéos, électroménagers, vélos, livres, cd, outils, etc. Un vendeur en vérifie le fonctionnement et vous repartez avec un bon d'achat à dépenser chez Leclerc. 

C'était inévitable explique le spécialiste de la Grande consommation, Olivier Dauvers, sur son site: 

"Bon nombre de consommateurs cherchent à monétiser des biens dont ils n'ont plus l'usage pour en réinvestir le produit de la vente dans leur propre consommation."

En parallèle cela permet aussi "d'abaisser la valeur d’achat de produits qui les tentent mais pour lesquels la valeur du neuf est trop élevée ou non justifiée à leurs yeux."  

Un marché à 6 milliards d'euros

Comptoir de revente de produits d'occasion, Leclerc de Roques-sur-Garonne. Facebook/E.Leclerc Roques

Il devenait urgent pour les hypermarchés de proposer un second marché, à l'instar de FNAC occasion ou du "trocathlon" de Decathlon. 

Le marché de l'occasion est clairement identifié comme un système d'achat "malin" qui englobe la problématique de pouvoir d'achat et la problématique écologique de donner une nouvelle vie aux produits.

Le boncoin.fr lui a redonné un aspect pratique qui a boosté sa popularité mais le potentiel du secteur reste immense. Selon une étude du cabinet Xerfi, il croît de 4% par an et il était évalué à 6 milliards d'euros en 2016, réparti à 40% sur le digital et 60% en physique. 

Pour Leclerc, c'est l'occasion de capter une part de cette énorme business. Si l'expérimentation à Roques-sur-Garonne s'avère concluante, d'autres Leclerc devraient suivre. Nul doute qu'ensuite le reste de la grande distribution emboîtera le pas. 

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