Kevin Systrom, le fondateur d'Instagram. YouTube/Harry's

Instagram se prépare à pousser rapidement des publicités dans Stories, la rubrique inspirée de Snapchat lancée en août dernier, qui permet aux utilisateurs de partager des photos et des vidéos qui disparaîtront 24 heures plus tard.

La société a annoncé mercredi qu'elle allait tester des publicités vidéo plein écran dans Stories, en partenariat avec 30 annonceurs internationaux, dont Airbnb, Asos, Nike et Netflix.

Les publicités seront reconnaissables au label "sponsorisé" et dureront maximum 15 secondes.

Instagram affirme que 150 millions d'utilisateurs interagissent avec Stories chaque jour, contre 100 millions d'utilisateurs quotidiens de Stories en octobre. Par ailleurs, 70% des utilisateurs suivent une marque sur Instagram et un tiers des Stories les plus vues à date ont été créées par des entreprises, ce qui justifie l'intégration de publicités dans cette rubrique.

Voici à quoi pourrait ressemble une publicité d'ASOS dans Stories:

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Vishal Shah, directeur de la gestion de produits chez Instagram, a dit à Business Insider que ce lancement offrait "une expérience publicitaire inédite pour les entreprises dans Stories".

Si Vishal Shah admet que le format est similaire aux publicités que les utilisateurs ont pu voir sur Snapchat. Mais la combinaison de "ciblage, mesure, reporting" et la possibilité pour les annonceurs d'acheter des publicités Stories depuis un outil de self-service qu'ils utilisent déjà pour les autres publicités Instagram en fait un produit supérieur.

Vishal Shah indique qu'Instagram ne peut pas préciser à combien de publicités les utilisateurs seront exposés dans Stories. Mais il précise: "une des choses dont nous sommes fiers c'est le déploiement mesuré de publicités dans le fil [principal]. Nous appliquerons le même degré de rigueur, mi-art, mi-science, [au déploiement des pubs Stories]. Nous comptons nous appuyer sur une grande partie de cette expérience pour [Stories]."

Les prix seront déterminés par un système d'enchères et les espaces seront attribués à l'annonceur qui aura fait la meilleure offre.

Au début, Instagram proposera seulement des publicités Stories pour obtenir des objectifs définis (par exemple pour des annonceurs cherchant à cibler un certain nombre de mères de famille, vivant aux Etats-Unis, âgées de 25 à 40 ans). Mais à terme, le service sera étendu à d'autres objectifs, par exemple le nombre d'utilisateurs qui swipent vers le haut sur une publicité pour visiter un site web ou télécharger une appli — comme le propose Snapchat.

Instagram a également indiqué mercredi que son tableau de bord Business Tools comprendra désormais des données de mesure sur Stories, dont la portée, le nombre d'impressions et les messages reçus. Ces analytics seront générés par Instagram et non-vérifiés par des sociétés de mesure tierces.

Facebook, la maison mère d'Instagram, ne détaille pas le chiffre d'affaires généré par Instagram. Le cabinet EMarketer estimait en novembre que la société était en mesure de réaliser 1,85 milliard de dollars de chiffre d'affaires en 2016.

Dans une initiative distincte, Facebook testerait aussi des vidéos publicitaires "mid-roll" qui apparaîtront au milieu de vidéos partagées par des médias sur sa plateforme, selon plusieurs médias

Ces deux projets montrent combien Facebook cherche à trouver des moyens créatifs d'augmenter la pression publicitaire dans ses applications. Le groupe ne peut en effet continuer à inonder les fils Facebook et Instagram avec un nombre croissant de publicités, mais il peut chercher à augmenter la pression et l'inventaire publicitaire en monétisant les différentes fonctionnalités de ses applis — comme Instagram Stories et Instant Articles sur Facebook.

Version originale: Lara O'Reilly/Business Insider

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