Mounir Mahjoubi à la Nuit de l'IA, organisé par Artefact, à Paris, 8 février 2018. Marie-Catherine Beuth/Business Insider

Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat au numérique, a de vastes responsabilités, qui vont de la transformation numérique de l'Etat au soutien aux entreprises de la French Tech

Lors de la Nuit de l'intelligence artificielle, le 8 février 2018, à Paris, le jeune ministre a aussi souligné l'importance de sa mission en matière de lutte contre la fracture numérique et d'inclusion quand "20% des Français passent à côté" de la révolution numérique. 

A l'occasion de cet événement, Business Insider France a interrogé Mounir Mahjoubi sur les enjeux actuels en matière d'intelligence artificielle, alors que Cédric Villani doit remettre ses recommandations sur la stratégie de la France dans l'intelligence artificielle.

Business Insider France: Le plan de la France pour l'IA prévoit-il suffisamment de moyens pour faire face aux investissements considérables annoncés par la Chine?

Mounir Mahjoubi: On ne résume pas la stratégie de la France en matière d'intelligence artificielle à un montant. C'est bien plus que cela. Elle va impliquer le privé et le public. La mobilisation est générale: comment peut-on faire émerger des entreprises dans l'écosystème, des startups dans la deep IA ou des startups qui utilisent l'IA, pour créer de nouveaux étages. Il faut former, grandir et déployer. Un des piliers de cette stratégie, ce seront les talents.

Mais les talents fuient. Par exemple, nos data scientists vont chez Facebook parce qu’on n'a pas de jeux de données de la même envergure à leur offrir en France. Comment allez-vous remédier à ça?

C'est le sujet avec le Règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD) qui pose la question du statut et de la mise à disposition des données publiques et du recueil de données privées. Il faut créer de nouveaux véhicules juridiques pour cela. Les données de santé ne sont pas assez utilisées. Or on pourrait avoir plus de services. Il faut aussi se poser la question de quels jeux de données on a besoin: de transport, d'énergie, de santé? Facebook a des données sur les interactions et les photos. 

Facebook qui installe FAIR, son laboratoire de recherche sur l'IA, en France — c’est donc une bonne ou une mauvaise chose?

Les investissements étrangers qui participent à créer des startups et développer la recherche sont positifs pour la France. C'est toujours vertueux d'avoir des centres de recherche chez nous. Mais mon objectif n'est pas que Facebook recrute 50 chercheurs de plus en France, c'est qu'une startup française recrute 50 chercheurs puis 1000 chercheurs en France et aille à l'international. Il faut voir grand.

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