Photo entre le cycliste britannique médaillé Edward Clancy et une fan à Rio le 12 août 2016. AP Photo/Pavel Golovkin

  • Tous les athlètes des Jeux olympiques se sont vu offrir un smartphone Samsung gratuit, sauf les délégations d'Iran et de Corée du Nord à cause de l'inquiétude autour des sanctions internationales.
  • En conséquence, l'Iran prévenu la Corée du Sud que si Samsung ne s'excuse pas, cela pourrait affecter les relations commerciales avec la société.
  • Sous la pression, le CIO a dit qu'il allait donner des téléphones à tous les athlètes, même ceux d'Iran et de Corée du Nord.
  • Alors que les Jeux olympiques débutent en Corée du Sud, le pays fait face à de nombreuses complications à cause des sanctions.

L'Iran a convoqué l'ambassadeur de Corée du Sud jeudi 8 février après l'annonce que, contrairement à tous les autres athlètes, sa délégation olympique ne recevra pas de smartphone Samsung gratuit, et aurait qualifié cette décision de "non-éthique".

Les organisateurs des Jeux de PyeongChang ont annoncé la semaine dernière qu'ils offriraient un "édition olympique" du Samsung Galaxy S8 à tous les compétiteurs, sauf ceux de Corée du Nord et d'Iran.

Les organisateurs ont dit mercredi que cette décision est due aux craintes de violer les sanctions internationales, qui interdisent de fournir aux pays sanctionnés des produits de luxe ou qui peuvent être utilisés à des fins militaires, d'après l'agence Yonhap.

Le comité affirme qu'au total 22 Nord-coréens et quatre Iraniens ne recevraient pas le téléphone dernier cri à 1100 dollars.

Lors d'un entretien avec l'ambassadeur sud-coréen, l'Iran a dit qu'il s'opposait fermement à cette "décision non-éthique opposée à l'esprit des Jeux olympiques" selon les mots du porte-parole du ministère de l'intérieur Bahram Qasemi, cité par l'agence de presse iranienne IRNA.

L'Iran a également déclaré que cela pourrait affecter les relations commerciales avec Samsung si la société ne s'excuse pas pour cette décision "malavisée", d'après Qasemi.

Le chef du Comité national olympique iranien Reza Salehi Amiri a répété les déclarations du ministère.

"Nous ne resterons pas silencieux face aux insultes faites à notre fierté nationale, notre identité et notre dignité", a dit Amiri.

Peu après, le ministre des affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif a fait monter d'un cran ses menaces, et aurait donné un ultimatum à Samsung, affirmant qu'il allait boycotter tous les produits Samsung, dont son smartphone personnel, si la société ne s'excuse pas et ne change pas d'avis. D'autres ministres ont aussi appelé au boycott, et menacé de parler de ce sujet au parlement iranien

La société sud-coréenne vendrait ses produits en Iran et toutes les sanctions liées au nucléaire iranien ont été levées en janvier 2016 mais de nombreuses entreprises restent vigilantes.

A la suite de l'escalade de la situation, le Comité international olympique a dit qu'il donnerait des smartphones à tous les athlètes, même ceux qui viennent d'Iran et de Corée du Nord.

"Concernant l'Iran, nous pouvons confirmer que tous les participants pourront garder leur téléphone" affirme un porte-parole olympique. "Concernant la Corée du Nord, tous les participants sont priés de ne pas rapporter leur téléphone dans leur pays" ajoute le CIO.

La Corée du Sud essaie de ne pas contrevenir aux sanctions dans ses préparations olympiques

Des militants anti-Corée du Nord brulent un portrait de Kim Jong Un alors que le ferry nord-coréen arrive au port de Donghae, en Corée du Sud, le 6 février 2018. Woohae Cho/Getty Images

Alors que les Jeux olympiques s'ouvrent en Corée du Sud, le pays a dû se heurter aux sanctions internationales.

Vendredi, l'ONU aurait autorisé Choe Hwi, un officiel nord-coréen placé sur liste noire, à visiter le Sud pour les célébrations olympiques, d'après Yonhap.

Kim Yo Jung, la sœur du leader nord-coréen Kim Jong Un, se rendra aussi aux Jeux olympiques au sein de la délégation nord-coréenne, malgré le fait qu'elle soit sur liste noire.

Plus tôt dans la semaine, Seoul a temporairement interrompu les sanctions sur les bateaux nord-coréens afin que la délégation olympique nord-coréenne puisse voyager en ferry vers le Sud. La Corée du Sud a mis en place des sanctions contre les bateaux nord-coréens depuis 2010 après le naufrage suspect d'un navire de guerre sud-coréen, dans lequel la Corée du Nord nie son implication.

Par ailleurs, la Corée du Nord a demandé à la Corée du Sud de fournir du carburant au bateau, ce qui viole les sanctions du Conseil se sécurité de l'ONU limitant l'exportation de certains produits, dont le pétrole brut, vers la Corée du Nord.

Certains ont suggéré que le Sud devrait temporairement réduire ses sanctions afin de faciliter le parcours de la délégation olympique du Nord et encourager la coopération entre les deux Corées.

Version originale: Rosie Perper/Business Insider

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Athlètes et médias arrivent à PyeongChang pour les Jeux olympiques d'hiver — voici l'ambiance sur place

VIDEO: 5 villes qui ont remplacé leur autoroute urbaine par un parc