Joelle Pineau (3e à gauche), directrice de FAIR Montréal, aux côtés de Yann Le Cun. Business Insider France/Chisato Goya

L'intelligence artificielle (IA) peut être modélisée sous forme d'algorithme et n'a pas nécessairement la forme d'un robot ou d'un humanoïde comme c'est le cas dans le film "Ex Machina". 

C'est par exemple le cas des assistants virtuels Cortana de Microsoft, Alexa d'Amazon ou encore Siri d'Apple, qui peuvent intégrer différents appareils comme les smartphones ou les enceintes connectées. 

Mais lors d'une interview accordée à Business Insider France en marge de la conférence USI à Paris, Joelle Pineau, directrice du laboratoire de recherche sur l'IA de Facebook à Montréal, a déclaré être convaincue, tout comme plusieurs autres chercheurs de chez Facebook, que pour faire progresser l'IA, "il faut avoir des intelligences qui interagissent avec le monde, qui ont un contact physique avec".

Et c'est dans ce sens que Facebook et son équipe de recherche en IA s'intéressent de plus en plus au domaine de la robotique, a-t-elle indiqué, précisant que le géant tech n'était pas en train de travailler sur un robot doté d'une IA: "non, il n'y a pas de projet dans ce domaine, en tout cas, personne ne m'a fait part de cela."

La spécialiste canadienne de la robotique et de l'apprentissage par renforcement de l'université de McGill a ainsi expliqué: 

"Pour faire des progrès en IA, il faut à un moment donné se confronter à ces interactions avec le monde physique. On commence donc à faire de plus en plus de petits projets en robotique, notamment dans le laboratoire en Californie où il y a plus d'espace et un bon filon pour le recrutement. On utilise des manipulateurs, des robots mobiles conçus par d'autres entreprises comme ClearPath Robotics au Canada, qui fait toutes sortes de robots pour la recherche."

Joelle Pineau a cité un exemple simple pour nous montrer la différence entre une IA sous forme d'algorithme et une IA "incarnée" avec une forme physique:

"C'est comme si en tant qu'humain, on passait notre vie à observer le monde, sans avoir la capacité de manipuler, de toucher ce monde. Quand on voit les objets, on a une interaction différente avec ces derniers, car on peut les manipuler. Quand vous regardez des objets être manipulés toute la journée, vous n'en aurez pas la même compréhension que si vous les manipuliez vous-même. On peut concevoir, avoir une idée du poids, de la texture, si c'est déformable ou non, mais avant de le faire vous-même, vous n'en avez pas la même compréhension."

Le laboratoire de recherche sur l'IA à Montréal piloté par Joelle Pineau constitue l'une des cinq antennes de FAIR — Facebook Artificial Intelligence Research —, qui emploie environ 150 chercheurs au niveau mondial. Facebook avait choisi Paris en 2015 pour ouvrir son antenne européenne. 

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