Les cofondateurs de la pépite tech française Algolia s'inspirent de 3 startups pour diriger leur entreprise — voici lesquelles et pourquoi

Nicolas Dessaigne et Julien Lemoine, fondateurs d'Algolia, en 2015. Facebook/Algolia

Pour plusieurs observateurs de l'environnement tech français — investisseurs et startuppeurs — Algolia est l'une des pépites à suivre de très près dans les prochaines années.

Créée en 2012, la startup, rivale d'Amazon et Google dans la recherche en ligne sur les sites et appli, a réalisé 1 million de dollars de chiffre d'affaires en 2014.

Depuis, sa croissance est fulgurante. De 10 millions de dollars de revenus en 2016, elle est passée à 20 millions en 2017, selon nos informations, et elle vise les 40 millions de dollars en 2018. Avec son interface, elle gère déjà plus d'un milliard de recherches par jour.

Respectivement installés à San Francisco et Paris, les cofondateurs Nicolas Dessaigne et Julien Lemoine ont levé 53 millions de dollars l'an dernier lors d'un second tour de table mené par le fonds anglo-saxon Accel. Les deux créateurs désirent emmener leur entreprise le plus loin possible, en se dirigeant certainement vers une introduction en Bourse à moyen terme.

En attendant, le déploiement se fait à toute vitesse. Il y a quatre ans, Algolia comptait 9 salariés. Ils sont aujourd'hui près de 200 répartis dans cinq villes (Paris, San Francisco, New York, Atlanta, Londres) avant l'ouverture en Australie d'ici la fin de l'année pour faire un premier saut vers l'Asie et le Japon.

Rencontré dans les nouveaux bureaux parisiens, qui offrent un panorama incroyable à 360 degrés sur les toits de Paris, Julien Lemoine, le directeur technique de l'entreprise, avoue que l'un des défis de la startup réside dans sa capacité à maintenir sa culture d'entreprise — alors que la croissance de l'activité et des effectifs bondit.

Pour diriger leur entreprise dans cette phase d'hyper-croissance, les deux anciens salariés de Thales et Exalead disent s'inspirer de multiples startups qui démontrent leur capacité à conserver leurs valeurs, à manager leurs équipes ou à affronter les défis technologies et de développement.

Voici trois d'entre-elles citées par Julien Lemoine et pourquoi elle sont des modèles selon lui:

AppDynamics — Une réponse à un problème de management particulier

Jyoti Bansal, fondateur d'AppDynamics, rachetée 3,7 milliards de dollars par Cisco, et investisseur au sein d'Algolia. YouTube/Traction Conf

Il n'y a aucun hasard à ce que Julien Lemoine donne le nom d'AppDynamics. Son fondateur Jyoti Bansal est l'un des investisseurs d'Algolia. Et ce n'est pas tout: l'ancien directeur marketing de la société, Kendall Collins, est membre du conseil d'administration, aux côtés des fondateurs, de Raffi Kamber (Alven), Christoph Janz (Point Nine Capital) et Philippe Botteri (Accel Partners).

Mais au-delà de ces liens particuliers avec le spécialiste de l'analyse des performances applicatives — racheté il y a un an 3,7 milliards de dollars par le géant informatique Cisco — Julien Lemoine confie avoir trouver des réelles solutions à un problème de management particulier grâce aux conseils prodigués par Kendall Collins.

"Depuis le début, on propose des sessions de 'ask me anything' (AMA) où chaque employé peut poser les questions de son choix. Mais on s'est rendu compte que ça marchait moins bien, qu'on tournait un peu en rond sur les questions, ce qui est logique quand on recrute beaucoup de personnes en si peu de temps."

"Sur les conseils de Kendall, nous avons maintenu les AMA mais plus uniquement en sessions plénières. On les fait par petits groupes. Résultat, on a désormais des questions variées et plus proches des préoccupations des salariés."

BlaBlaCar — Des défis similaires

(De g.à dr.): Frédéric Mazzella, fondateur et président, Francis Nappez, co-fondateur et directeur technique, et Nicolas Brusson, co-fondateur et directeur général de BlaBlaCar. BlaBlaCar

Proche de Francis Nappez, co-fondateur et directeur technique de BlaBlaCar, Julien Lemoine n'hésite pas à décrire la startup de covoiturage comme un modèle et il s'insurge contre les critiques et les doutes qui pleuvent actuellement sur le modèle économique de l'un des étendards de la French Tech. "Dès qu'il y a un petit grain de sable, on leur tombe dessus. Mais la réalité d'une entreprise, ce n'est ni tout blanc, ni tout noir."

Si Julien Lemoine défend cette situation, c'est aussi qu'il a conscience qu'il pourrait se retrouver dans cette position — non désirée — de porte drapeau de la réussite française. "On ne joue pas cette carte. Malgré nous, on nous met en avant. Nous sommes conscients que ça nous sert aujourd'hui mais nous savons aussi qu'Algolia, ça ne va pas toujours être parfait. C'est dangereux car à la moindre phase difficile..."

C'est donc assez naturellement que les fondateurs d'Algolia s'identifient à leurs confrères par "les nombreux défis qu'ils ont et que nous avons aussi, du point de vue technologique, de la croissance, de la culture, du recrutement. On discute de tous ces sujets."

Stripe — Une capacité à conserver une culture de l'humilité

Stripe

Patrick et Jon Collison, cofondateurs de Stripe. Stripe

Créée en 2011 par deux frères — Patrick et Jon Collison — Stripe est une plateforme qui permet d'accepter et de suivre des paiements numériques. Elle est valorisée 9 milliards de dollars.

Julien Lemoine la cite spontanément pour les valeurs que ses employés portent.

"Ils sont su garder une culture forte tout en 'scalant' (capacité à gérer une forte augmentation de son activité, ndlr). Ils sont humbles. Quand on discute avec quelqu'un de chez Stripe, il ne mentionnera jamais l'entreprise en premier. Il dira d'abord qu'il travaille dans une startup de paiement sans donner le nom. Même si c'est une énorme réussite, ils restent très humbles alors que l'égo peut vite devenir un problème. Ce n'est jamais gagné. Il faut toujours se remettre en question."

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  1. grammarnazi

    "Ce n'est jamais gagnÉ".
    A moins que la faute ait également été faite à l'oral ?

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