Thomas Buberl, directeur général d'AXA, au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le 20 janvier 2017. REUTERS/Ruben Sprich

Fintech. Comme le secteur alimentaire (foodtech) et la publicité (adtech), la finance a succombé au charme communicant du suffixe "-tech".

Si les technologies ont envahi la banque, l'innovation est plus lente à venir dans l'assurance. Mais ça commence, notamment aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne.

La startup américaine Oscar, assureur de santé en ligne, a ainsi levé 700 millions de dollars auprès de Goldman Sachs, Google et Fidelity.

Cinquième marché, la France possède des barrières réglementaires parmi les plus fortes. Il reste tout à faire pour réformer un secteur, grand consommateur et propriétaire de data.

C'est à ce défi que s'est préparé depuis l'an dernier AXA avec la création de Kamet, son propre incubateur de startups.

Son rôle: imaginer, créer et développer des services et des produits dans le secteur de l’assurance en utilisant les technologies disponibles, comme le machine learning, l'internet des objets ou l'intelligence artificielle.

Pour y parvenir, le groupe valorisé à 56,5 milliards d'euros en bourse a doté cette filiale d'une enveloppe de 100 millions d'euros sur cinq ans.

A l'occasion du Paris Fintech Forum cette semaine, Kamet a présenté ses trois premières startups:

  • Fixter est présentée par Stéphane Guinet, fondateur et directeur général de Kamet, comme "l'Uber de la maintenance automobile". A travers une application mobile, le service testé à Manchester propose de mettre en relation un propriétaire de voiture avec un garagiste pour assurer l'entretien du véhicule. Axa a injecté 6 millions d'euros dans le projet.
  • Qare est une plateforme en ligne qui donne accès par message, par appel visio ou par prise de rendez-vous, à un réseau de "très bons médecins. A Londres, des grands spécialistes français en font partie", précise à Business Insider France Stéphane Guinet.
  • Baptisé Padoa, le troisième projet est pour l'instant plus secret. Il a reçu un engagement de 5 millions d'euros de la part d'AXA. Ce service est positionné sur la prévention santé en entreprise. Interrogé, le groupe a refusé d'en dire davantage.

Ces services ne seront pas réservés aux seuls clients d'AXA. Mais l'enjeu pour le groupe se situe dans sa capacité à conquérir de nouveaux clients et surtout utiliser toutes les données dont il dispose pour devenir indispensable aux yeux de ses assurés.

Disposant d'autres véhicules de financement de l'innovation, dont son propre fonds AXA Strategic Ventures, l'assureur insiste sur le fait que sa filiale "n'héberge pas simplement des startups. Kamet les fabrique", avance Stéphane Guinet.

Stéphane Guinet, directeur général de Kamet, l'incubateur d'AXA doté de 100 millions d'euros.

"Il ne s'agit pas de moderniser des vieux modèles mais de faire émerger des modèles disruptifs, ajoute l'ancien membre du comité exécutif du groupe. C'est compliqué pour des groupes établis, avec leur organisation, de le faire. Ce sont les nouveaux entrants qui le font plus facilement".

La société compte une quarantaine de personnes basées à Paris, Londres et Tel Aviv, dont plusieurs entrepreneurs.

Cofondateur il y a une quinzaine d'années d'Assurland, un comparateur d'assurances français, Stéphane Guinet explique que "Kamet a besoin d'environ 9 à 12 mois pour fabriquer une startup". 

L'investisseur travaille continuellement avec une quarantaine d'idées issues du groupe AXA, de la veille sur le marché ou de fonds d’investissements.

Huit de ces idées sont sélectionnées et pour lesquelles un business plan, une étude de marché et un prototype sont établis. A l'issue de cette phase, quatre sont conservées pour leur donner vie six à huit mois plus tard.

Dès la création de la société, Kamet prend une grosse majorité du capital et l’équipe d’entrepreneurs est minoritaire. Quant à AXA, le groupe a un droit de premiers refus. 

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