crispr-cas9

Structure du Cas9, enzyme spécialisée pour couper l'ADN. Wikimedia Commons/Hiroshi Nishimasu

C'est une première mondiale en génétique. Une équipe chinoise de l'Université de Sichuan a injecté des cellules génétiquement modifiées grâce à la technique dite "CRISPR-Cas9" chez un patient atteint d'un cancer du poumon, rapporte un article de la revue scientifique Nature publié ce mardi 15 novembre. 

Cet événement va relancer une compétition entre les chercheurs américains et chinois, comme à l'époque de la guerre froide, estime Carl June, spécialiste de l'immunothérapie à l'Université de Pennsylvanie, à Philadelphie, et qui a mené l'une des premières études concernant la technique CRISPR-Cas9 : 

"Ça va déclencher un 'Spoutnik 2.0', un duel d'innovation biomédicale entre la Chine et les Etats-Unis, ce qui est important, car la compétition améliore le produit final."

En parlant de "Spoutnik", le scientifique fait référence à la course à l'espace que se sont livrés l'URSS et les Etats-Unis pendant la guerre froide, qui a débuté avec le lancement du satellite Spoutnik 1 par les Russes en 1957.

Cet outil révolutionnaire de modification de gènes appelé "CRISPR-Cas9" va sûrement "accélérer la course à l'utilisation de cellules génétiquement éditées à travers le monde", avance Carl June.

Du côté américain, un essai de thérapie génique devrait commencer début 2017. Trois gènes devraient être modifiées à cette occasion chez des personnes atteintes de différents cancers.

La technique CRISPR-Cas9, mise au point après 30 ans de recherche, permet de cibler une zone spécifique de l'ADN, de la couper puis d'introduire la séquence ADN que l'on souhaite. Il s'agit en somme d'une sorte de bistouri génétique.

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