Emmanuel Macron avec Angela Merkel lors du réunion franco-allemande à l'Elysée le 13 juillet 2017. REUTERS/Stephane Mahe

La France, l'Allemagne et l'Italie ont demandé à la Commission européenne (CE) de renforcer les règles autorisant les pays de l'Union européenne (UE) à bloquer l'achat d'entreprises européennes stratégiques par des sociétés étrangères, rapportent deux quotidiens italiens ce mardi 22 août 2017.

Les trois pays font référence à des prérogatives permettant d'interdire ou au moins de fixer des conditions à tout prétendant "qui suit des règles impropres au marché et ne respectant celles de la réciprocité en matière d'acquisition", écrivent Il Sole 24 Ore et La Stampa.

Les deux quotidiens citent une lettre envoyée à la Commission européenne le 28 juillet et qui fait suite à un autre courrier adressé en février dans lequel Paris, Berlin et Rome voulaient que l'UE limite les investissements étrangers dans les entreprises détenant des technologies de pointe en les soumettant notamment à des règles de réciprocité.

"Ce n'est pas une forme de protectionnisme; il s'agit plutôt de se donner la possibilité de surveiller des opérations qui sont incompatibles avec le droit européen", déclare le ministre de l'Industrie italien Carlo Calenda, cité par La Stampa.

Le document de 10 pages dévoilé par la presse italienne stipule que les prérogatives européennes seraient renforcées pour toute entreprise ciblée considérée comme stratégique et dans le cas d'OPA financées par des fonds ou organismes publics.

Les Etats membres devraient informer la CE tous les six mois de tous les investissements effectués depuis l'extérieur dans des entreprises de l'UE, à l'exception de ceux touchant au secteur de la défense.

Même si la dernière missive en date ne cite nommément ni pays ni entreprise, elle semble avoir été motivée par de récentes OPA chinoises ou projets en Europe.

Rien que ces derniers jours, Fosun, propriétaire du Club Méditerranée, a annoncé le rachat de la margarine française Saint Hubert. Le constructeur automobile chinois Great Wall Motor est intéressé par un rachat de Fiat Chrysler Automobiles (FCA) —propriétaire des marques Jeep et Ram. Enfin, le conglomérat chinois HNA Group a bouclé l'acquisition auprès des fonds souverains singapouriens GIC et Temasek d'une participation de 16,2% dans le spécialiste suisse du duty free Dufry.

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. Reuters

La Commission européenne semble être sur la même longueur d'ondes. Selon Politico,  qui cite des diplomates européens, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker est prêt à freiner les rachats étrangers en Europe et notamment dans la tech.

L'objectif est de présenter le 13 septembre dans son discours sur l'état de l'Union européenne une proposition pour bloquer ou modifier les termes d'un rachat d'entreprises jugées stratégiques.

Les Chinois auraient dépensé 180 milliards d'euros à l'étranger en 2016, dont 35 milliards en Europe, selon une étude menée par l'institut de recherches économiques sur la Chine MERICS, basé à Berlin, et le cabinet d'analyses Rhodium Group.

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