André Choulika

André Choulika, PDG de l'entreprise biopharmaceutique Cellectis. Cellectis

André Choulika est PDG de l'entreprise biopharmaceutique Cellectis, dont la filiale Calyxt est spécialisée dans les biotechnologies agricoles. Le 20 octobre dernier, à New York (Etats-Unis), Calyxt a organisé — avec l'aide de The Lab-Ducasse Conseil — un dîner préparé à partir d'aliments issus de l'édition du génome.

Dans le cadre de la série de Business Insider France sur le futur vu par ceux qui le préparent, nous lui avons demandé comment seront produits les aliments que nous mangerons dans un avenir plus ou moins proche.

Business Insider France: Comment seront produits les aliments que nous allons consommer dans une vingtaine d'années?

André Choulika: Je pense que la moitié de notre alimentation sera issue de l'édition de génome dans 15-20 ans. Principalement pour trois raisons: 1) Une partie des choses que nous produisons ne peut pas être consommée. On surproduit du blé en France, mais une partie n'est pas panifiable, donc on est obligé d'en importer depuis le Canada pour faire du pain. 2) Les terres cultivables se réduisent. 3) Les gens veulent des aliments meilleurs pour leur santé.

Avec l'édition du génome, on peut changer la composition des aliments, en fonction des besoins nutritionnels des gens. Par exemple, on peut supprimer le gluten pour les intolérants, diminuer les sucres pour les diabétiques... 

Dîner préparé avec des aliments issus de l'édition du génome, à New York, le 20 octobre 2016. Cellectis

Dîner préparé avec des aliments issus de l'édition du génome, à New York, le 20 octobre 2016. Cellectis

Comment votre entreprise, Calyxt, est-elle en train de se préparer à cela?

Pour l'instant, on est tout petit. L'entreprise compte 30 salariés et on a produit 1200 tonnes de soja cet automne. Pour pouvoir intégrer la chaîne alimentaire, il faudrait produire environ 2,5 millions de tonnes. Notre objectif, c'est de devenir le semencier de demain, celui qui se focalise sur la santé des consommateurs.

Le défi sera de convaincre les fermiers de faire pousser nos produits mais surtout produire à grande échelle tout en conservant la qualité de nos produits.

Produire à grande échelle des pommes de terre meilleures pour la santé, est-ce si difficile que ça?

Oui, très: des technologies puissantes et beaucoup de savoir-faire sont nécessaires. Pour une pomme de terre par exemple, il faut la dissoudre jusqu'au stade de cellule unique, puis entrer à l'intérieur de cette cellule pour éditer son génome. Ensuite, il faut reproduire un amas de cellules, les convaincre de faire des racines et des feuilles pour que la plante grandisse. Ceci s'avère compliqué car les modifications sur le génome peuvent influer sur la croissance de la plante.

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