9 choses que les gens disent au travail — mais qui sont vraiment racistes, sexistes ou insultantes

Réfléchissez avant de parler. Francisco Osorio/Flickr

  • Les préjugés inconscients sont partout— et encore plus sur le lieu de travail.
  • Pour éviter un environnement de travail malsain, il est important de savoir quelles phrases et actions peuvent faire se sentir mal à l'aise ou visés les employés issus de milieux différents ou aux identités différentes.
  • Ces expressions inconscientes de racisme ou de sexisme sont des micro-agressions.

Les micro-agressions sont des expressions inconscientes racistes ou sexistes. Elles prennent souvent la forme de commentaires apparemment anodins de la part de personnes qui pensent être bien-intentionnées. 

Dire à une nouvelle employée qu'on "dirait une étudiante", poser des questions à une collègue noire sur ses cheveux naturels, tant de micro-agressions qui existent au travail aussi. Et elles peuvent faire de votre environnement de travail un endroit inconfortable et toxique.

"Parce que les micro-agressions passent souvent par la parole, il est vraiment important de faire attention à la manière dont on parle, surtout au travail ou au sein d'institutions sociales comme les salles de classe, les tribunaux et d'autres," a dit à Business Insider, Christine Mallinson, professeure en sciences du langage, littérature et culture à l'université du Maryland à Baltimore.

Parce que les micro-agressions sont très subtiles, il est difficile de savoir si vous êtes en train d'en commettre une ou plutôt si vous en êtes victime.

"Le fait est qu'elles sont ambigües. Dans un sens la personne qui la reçoit peut être confusément vexée, mais comme les mots semblent et sonnent élogieux, à la surface, (ils sont le plus souvent positifs), elle ne peut pas vraiment se sentir insultée et ne sait pas comment réagir", a dit à Business Insider Robin Lakoff, professeur émérite de linguistique à l'université de Californie, à Berkeley. 

Voici les micro-agressions les plus fréquentes:

'Tu es si éloquent'

"Lorsqu'un collègue blanc dit à un collègue de couleur 'tu es si éloquent' ou 'tu parles tellement bien', cela suggère qu'il présupposait que la personne ne le soit pas autant— et qu'il est surpris," a dit Mallison à Business Insider.

Faire des commentaires sur le langage ou la manière de parler d'une personne noire est compliqué, compte tenu des antécédents historiques, et c'est un problème que les personnes de couleur rencontrent souvent au travail ou à l'école.

"Nous (la société à dominante blanche) attendons des personnes noires qu'elles soient moins compétentes", a écrit A. Gordon dans The Root. "Et je pense, en tant que personne blanche, que quand on s'étonne de l'éloquence d'une personne noire, on envoie le message pas très subtil selon lequel cette personne fait partie d'un groupe qu'on ne s'attend pas à voir assis autour d'une table et assumer un rôle de leader".

Ce qu'il est préférable de dire: Rien. Vous pouvez féliciter quelqu'un pour une idée spécifique ou pour des connaissances, mais commenter la manière de parler d'une personne n'est pas nécessaire.

'Désolé, je me suis trompé de personne'

Si vous êtes issu d'une minorité sous représentée, et qu'il y a une autre personne issue de cette minorité dans la salle, il y a des chances pour que les autres personnes du groupe confondent vos noms.

"Quand je suis entrée dans le supérieur, le cours d'introduction a été donnée par deux femmes blanches, et j'étais l'une des deux étudiantes mexicaine-américaine dans la salle", a raconté une des lectrices de Buzzfeed. "Elles m'appelaient constamment Maria, le prénom de l'autre étudiante. Mon prénom est Alejandra et on ne se ressemble aucunement". 

Ce qu'il est préférable de dire: Apprenez les noms des personnes avec lesquelles vous travaillez, c'est un concept assez évident.

'Ma boss est folle'

Dire de votre boss qu'elle est "folle" ou "hystérique" a des connotations sexistes parce que ces mots ont une longue et problématique histoire.

"Dans le passé, spécialement au XIXe siècle en Europe, les femmes qui avaient des troubles anxieux ou qui étaient considérées comme perturbatrices étaient souvent diagnostiquées comme étant 'hystériques'", a dit Mallinson à Business Insider. "Le mot 'hystérique' vient du mot grec hystera,  qui veut dire utérus, ce qui signifie que la maladie éponyme était spécifiquement féminine". 

Donc lorsque vous dites d'une femme qu'elle est "folle", cela suggère que ses craintes et que ses actes sont illogiques et non les résultats d'une réflexion critique.

Ce qu'il est préférable de dire: Essayez de comprendre le point de vue de votre collègue au lieu de dire qu'elle agit de manière irrationnelle. Si vous n'êtes toujours pas d'accord avec elle, vous pouvez dire "Je ne comprends pas l'intérêt"— et lui demander de vous expliquer son raisonnement.

'D'où viens tu vraiment ?'

Poser des questions à quelqu'un à propos de ses origines ethniques semble être une manière d'en apprendre plus sur la personne.

Mais pour les Latinos, les Asiatiques, et "tous ceux ne sont pas dans la binarité noir/blanc des États Unis", la question devient pénible, d'après la journaliste Tanzina Vega de CNN.

"La prochaine fois que vous voulez en savoir plus sur les origines ethniques ou le pays d'origine d'une personne, demandez vous: Qu'est-ce que j'ai vraiment envie de savoir?" a écrit Vega. "Encore mieux, plutôt que de demander 'D'où viens tu vraiment?' essayez plutôt d'écouter la personne— ou de la laisser vous poser une question".

Entendre cette question encore et encore implique que cette personne n'est pas réellement américaine ou n'appartient pas vraiment à sa nation, juste à cause de son apparence physique.

"L'erreur ici est que la question présuppose que le fait d'être une personne de couleur est incompatible avec le fait d'être Américain," a dit le docteur Ashley Lauren Pennington à Business Insider.

Ce qu'il est préférable de dire: Rien, si la personne veut discuter de son identité, elle en parlera d'elle même.

'Ton nom est si difficile à prononcer'

"Cette remarque sous-entend que la personne concernée ne correspond pas culturellement ou linguistiquement à la norme, et que son identité ne mérite pas qu'on prenne le temps d'en savoir plus," a dit Mallinson à Business Insider.

Ce qu'il est préférable de dire: Si vous n'arrivez pas à prononcer le nom de votre collègue, demandez leur simplement comment il se prononce. N'insistez pas sur le fait qu'il vous est étranger et non familier.

'Je crois que vous vous êtes au mauvais endroit, c'est la réunion des développeurs'

Kieran Snyder, aujourd'hui PDG de Textio, a parlé à Fast Company de ses premières expériences de micro-agression lorsqu'elle travaillait chez Microsoft. Elle se rendait à une conférence sur les maths.

"Je suis arrivée avec quelques minutes d'avance, et deux hommes étaient déjà installés", a dit Snyder.

Selon Snyder, un des deux hommes l'a vue et lui a directement demandée si elle cherchait la conférence sur le design, qui se tenait à côté. Il a considéré que, étant une femme, Snyder ne serait pas intéressée ou capable d'assister à une conférence sur les maths.

Cela ne semble être qu'une suggestion serviable, mais cela sous-entend qu'il est impossible ou peu probable qu'une femme puisse être ingénieure. 

Ce qu'il est préférable de dire: Ne présupposez pas que les gens ne sont pas à leur place, et ne leur faites pas sentir cela non plus.

'Tu es stagiaire? Tu as l'air si jeune!'

En complimentant une femme sur son apparence, dans un cadre professionnel, vous renforcez les idées sexistes sur la valeur des femmes — que les femmes doivent d'abord et avant tout être attirantes, ce qui est une fonction essentielle de leur rôle social", a dit Pennington à Business Insider. 

"Lorsqu'un collègue masculin plus âgé dit à une femme plus jeune avec qui il travaille 'Vous avez l'air si jeune' ou 'Vous avez l'air d'une étudiante', le commentaire se concentre sur son apparence plutôt que sur ses compétences, et cela peut subtilement réduire son autorité au travail", a dit Mallinson à Business Insider.

Faire remarquer qu'une personne paraît jeune implique aussi qu'elle semble inexpérimentée ou potentiellement non qualifiée pour son emploi.

Ce qu'il est préférable de dire: Rien. Il n'y a aucune raison de commenter l'apparence physique d'une personne avec qui on travaille. Si vous voulez vraiment savoir quel poste elle occupe, consultez l'annuaire de l'entreprise.

'C'est tes vrais cheveux?'

Recevoir des commentaires sur ses cheveux naturels est un problème fréquent que vivent en particulier les Afro-Américains.

"Ma voisine de bureau est noire et a des cheveux naturels", a écrit un lecteur anonyme à Buzzfeed. "Elle a une coupe afro assez volumineuse, et au moins une fois par semaine quelqu'un me demande si je trouve que ses cheveux ne sont pas professionnels, si cela viole le code vestimentaire, ou si cela me distrait. Non. Ses cheveux ne me font rien du tout. Mais toi, qui quittes ton bureau et interromps mon travail pour venir m'en parler, ça me fait ch...".

Les cheveux naturels des femmes noires sont souvent perçus comme "moins professionnels" que les cheveux lisses, selon l'Institut de la Perception.  

Pour les femmes noires, ce préjugé contre les cheveux naturels les rends plus préoccupées par rapport à leur apparence physique. Une femme noire sur cinq se sent socialement obligée de lisser ses cheveux pour le travail, ce qui est deux fois plus élevé que pour les femmes blanches.

Ce qu'il est préférable de dire: Rien. Les cheveux naturels d'une personne, quelle que soit son origine ethnique, devraient être acceptés comme étant professionnels et favorables au milieu de travail.

(En coupant la parole) 'Oui, en fait, je pense que ...'

Les hommes sont presque trois fois plus susceptibles d'interrompre une femme plutôt qu'un autre homme.

Le New York Times disait que les hommes interrompant les femmes étaient "un phénomène universel". Et le pire, c'est quand un homme répète la même idée que la femme qu'il a interrompue, recevant tout le crédit pour cela. 

"Je ne compte pas le nombre de fois où j'ai vu une femme se faire interrompre par un homme, pour l'entendre répéter les même idées qu'elle essayait de mettre en avant", a dit Grace Ellis au Times. "Je dirais que j'assiste à cela... deux à trois fois par semaine? Au moins". Elizabeth Ames, vice-directrice du marketing, des partenariats et des programmes de l'Anita Borg Institute, a également déclaré qu'il s'agissait de l'une des plus importantes micro-agressions en milieu de travail dont elle avait entendu parler.

Autre chose que l'on voit souvent, c'est quand elles partagent leur idée ou un commentaire et que tout le monde ignore, puis l'homme dans la pièce le dit et tout le monde pense que c'est une chose géniale," a dit Ames à Fast Company.

Ce qu'il est préférable de faire: Attendez que la personne finisse d'exprimer sa pensée. Et si vous aimez son idée, donnez lui en le crédit.

Version originale: Rachel Premack/Business Insider

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10 Commentaires

  1. PIERRE GIMIE

    Tout cela n'est que de l’autoflagellation. Du racisme et du sexisme à tout bout de phrase et de comportement ! Cette permanente contrition est tellement haïssable.
    Elle est justement la source du mal-etre d'une partie de cette population Bobo-gauchiste qui pallie maladroitement à son sentiment de supériorité envers "la couche populaire" en créant ces "châtiments" de racisme, xénophobie, sexisme et autres dérivés. Tous cela en montrant du doigt ces rustres d'en bas qu’inconsciemment ils voudraient "rééduquer" par la contrainte. ! Bref no précieuses ridicules du 21ème siecles relayées bien sur par ces médias à la fois juges et parties !

  2. Christophe Lasalle

    Pour quelle cause ce papier a t-il été écrit ? Article complètement dénudé de sens.

  3. Paco

    Ces gens paranos on vraiment un problème...dans quel monde vivent-ils?

  4. Hez

    À la lecture rapide de cet "article" j'en ai tiré une conclusion.
    Il ne faut rien dire. On ne peut plus rien dire. On échange juste sur le professionnel et on fait abstraction totale de l'humain.
    On nie ce tout ce que la personne en face est, y compris ses particularités et ses différences.

  5. William

    De la pure paranoïa! C’est du bobo gauchiste complètement à côté de la plaque! Faut vous durcir un peu si le simple fait de demander si vos cheveux sont vrai ou faux vous dévalorise. Vous avez un gros problème de confiance en vous!

  6. Bibiche

    Bande d'imbéciles cela ne vous heurté pas où vous ne comprenez pas car vous êtes de gros BLANC qui n'avaient jamais subit de racisme ou de réflexion et question stupide poser par des putains de fachos de raciste.

    • Jean

      Et si on dit que votre orthographe est à améliorer, c'est du racisme, aussi ?

    • Jean

      Traduction directe d'un article américain. Les USA importent chez nous toutes leurs hystéries racistes et des imbéciles les avalent tout cru et les progagent en France, qui devient raciste à son tour...

  7. Guillaume Ménager

    Le facisme politiquement correct au quotidien.

  8. Romarain

    C'est quoi ces commentaires de merde de gens qui apparemment n'ont pas lu l'article ? Qu'est-ce qui vous fait croire que vous pouvez faire passer les gens qui dénoncent les agressions quotidiennes pour des bobos ou des faschos ? C'est du délire... Que vous ne soyez pas d'accord avec une ou deux des agression dénoncées, pourquoi pas, mais contre toutes, c'est aberrant : rien que celle sur la femme qui rentre à l'avance dans une réunion est assez claire sur les mécanismes inconscients qui régissent le monde du travail. Celle sur les femmes qui sont interrompues et dont les idées sont volées, encore plus...

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