Capture d'écran accident Navya à Las Vegas. YouTube/KSNV News 3 Las Vegas

Mercredi 8 novembre, la navette électrique autonome de l'entreprise française Navya a eu un léger accrochage avec un camion à Las Vegas, pour son premier jour de mise en service, a rapporté la chaine locale KSNV News 3.

Elle transportait huit passagers. Il n'y a eu aucun blessé.

Selon les autorités municipales, il ne s'agit pas de la faute de la navette Arma, opérée en collaboration avec Keolis, mais de celle du chauffeur du camion de livraison, qui a reçu une contravention.

L'aile avant de la navette a été légèrement endommagée. Elle a "fait ce qu’elle devait faire, dans le sens où ses capteurs ont enregistré le camion. Elle s’est arrêtée pour éviter la collision", a expliqué la ville de Las Vegas sur Tumblr.

L'arrivée des véhicules autonomes — sans chauffeur, sur les routes publiques et dans les conditions réelles du trafic — est pour bientôt selon les acteurs de cette industrie. Une histoire "de trimestres et non d'années", a récemment déclaré la vice-présidente de General Motors.

Ainsi, outre Navya, c'est Waymo, la filiale de Google, qui a lancé cette semaine un robot-taxi dans un quartier de Phoenix.

Pourtant, cet accrochage — même si la technologie a été mise hors de cause — renforce l'idée qu'il faut encore contourner de nombreux obstacles pour voir circuler une horde de voitures autonomes dans nos villes, alors que la compétition s'intensifie entre Goole, Uber, Apple, Tesla, les constructeurs traditionnels et les startups comme Navya.

On peut facilement lister les principales barrières: la construction des véhicules, la technologie, les primes d'assurance, la législation et les infrastructures. Et ce dernier point est indispensable, peut être même le plus important pour anticiper la réaction des usagers, les rassurer et les familiariser avec cette innovation technologique.

Las Vegas a accepté de mettre des capteurs dans ses feux de circulation

De l'avis des spécialistes, la généralisation de ce type de service ne se fera que si les infrastructures routières (feux, barrière de péage, marquage au sol...) parviennent à communiquer avec les véhicules intelligents.

C'est ce qu'à accepté de faire Las Vegas: la ville a changé son système de feux de circulation pour y installer une série de capteurs sans fil afin de les faire communiquer avec la navette. Le véhicule de Navya peut alors se mêler aux autres usagers de la route, avec une vitesse maximale de 24 km/h sur moins d'un kilomètre pour commencer. En janvier, le bus avait effectué un essai de dix jours mais la route avait été fermée à la circulation.

"Ils ont investi dans les feux pour les rendre communicants. Et ce n'est pas une somme extravagante. C'est l'une des premières évolutions attendues pour rendre la technologie encore plus sûre", confirme Christophe Sapet, interrogé en début de semaine par Business Insider France, en marge de la présentation du nouveau véhicule autonome de Navya, l'Autonom Cab.

Equipés d'une série de capteurs, caméras, antennes — 23 sur le nouveau taxi autonome de Navya — les véhicules autonomes n'ont d'intérêt que s'ils perçoivent l'environnement, l'analyse, se positionnent en fonction, roulent ou s'arrêtent, face aux dangers. Il faut donc les aider à traiter ces informations. 

Navya commercialisera son taxi autonome sans volant ni pédales dans un an pour 230.000 euros

Pour l'instant, la majeure partie des tests réalisés par les sociétés se réalisent aux Etats-Unis, en Europe du Sud ou en Australie, avec des climats secs ou tempérés, et dans des pays avec des voies assez larges.

La France n'est pas en reste mais les initiatives demeurent limitées. La législation française rend obligatoire la présence d’une personne au volant, mais les pouvoirs publics commencent à signer des autorisations pour des tests sur des trajets bien spécifiques, rappelle RTL. C'est ainsi que Renault et PSA testent le passage de barrières de péages, avec les gestionnaires d'autoroutes.

Quant à la ville, c'est peut être à Rouen que le premier taxi sans chauffeur circulera en conditions réelles, dès l'an prochain. Mais le parcours a été limité à trois boucles, de 10 kilomètres — ce qui prouve les difficultés posées par la géographie et l'urbanisme en France.

Navya a déjà transporté environ 200.000 personnes dans le monde. Elle opère aujourd'hui dans une cinquantaine de villes — dans des zones définies. Aéroports de Paris vient ainsi de la choisir pour une période de tests jusqu'au printemps. "L’idée est de voir comment on peut faire se croiser un véhicule autonome avec la circulation existante", a expliqué Edward Arkwright à L'Usine Digitale.

Avec son taxi-robot Autnom Cab, l'entreprise lyonnaise étend sa gamme. Le véhicule — qui peut accueillir 6 personnes en face à face — ne possède ni volant ni pédale. Il devrait être commercialisé dans un an, pour environ 230.000 euros.

"A la différence d'autres entreprises, on construit nous mêmes les véhicules et on mixe toutes les technologies. Aujourd'hui, on se sent confortable pour transporter des personnes, surtout dans des zones avec un trafic raisonnable", explique Christophe Sapet,

S'invitant à la table des géants de la tech, Navya a des ambitions mondiales, qui pourrait la conduire à un nouveau tour de table, après avoir levé 30 millions d'euros auprès de Robolution Capital, Gravitation, Capdecisif Management, Valeo, Keolis et la société qatarie Group8.

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