REUTERS/Eric Gaillard

A l'approche de scrutins majeurs en France, aux Pays-Bas et en Allemagne en 2017, les investisseurs européens se focalisent actuellement tout naturellement sur les risques politiques au sein de la zone euro. 

Les candidats eurosceptiques d'extrême-droite comme Marine Le Pen en France et Geert Wilders aux Pays-Bas semblent avoir une chance de prendre le pouvoir d'une certaine manière ou d'une autre, et la crainte, que l'un des pays membres fondateurs de la monnaie unique quitte la zone euro voire l'UE, commence à se cristalliser. 

Toutefois, selon BNP Paribas, avec toute cette effervescence autour de ces scrutins élections, un risque majeur au sein du vieux continent est pratiquement ignoré: l'Italie. 

L'été dernier, dans les mois qui ont suivi le scrutin britannique en faveur du Brexit, l'Italie est apparu comme un gros problème pour l'UE. Un excès massif de mauvais emprunts dans le secteur bancaire du pays a menacé la stabilité financière, avec notamment le cas de la plus vieille banque mondiale Monte dei Paschi di Siena

L'Italie a aussi dû faire face à un référendum potentiellement déstabilisant sur un projet de réforme constitutionnelle, qui a été largement considéré comme un vote pour ou contre le premier ministre italien Matteo Renzi.

Matteo Renzi

L'ex Premier ministre italien Matteo Renzi. REUTERS/Stefano Rellandini

Le référendum s'est terminé par une défaite de Matteo Renzi, qui a fini par démissionner et été remplacé par un gouvernement de technocrates dirigé par Paolo Gentiloni.

Les problèmes du secteur bancaire italien ont quitté le devant de la scène, mais ils bouillonnent toujours en arrière-plan.

Ce qui signifie que l'Italie est désormais pratiquement ignorée par le discours général, ce que l'équipe Multi Asset Stratégie de BNP considère comme imprudent. Voici l'extrait marquant tiré de leur dernière note:

"Dans la zone euro, les marchés se focalisent actuellement sur les élections à venir. Bien sûr, il existe des risques de baisse, mais nous leur donnons une probabilité faible. Aux Pays-Bas, le Parti pour la liberté (PVV), anti-immigration et europhobe, peut gagner le plus de sièges à la chambre basse lors des élections en mars prochain, mais le PVV n'arrivera probablement pas à former un gouvernement de coalition. En France, le réformiste Emmanuel Macron parait bien placé pour remporter le second tour de la présidentielle de mai. En vérité, un manque de réformes, une croissance faible, un secteur bancaire en difficulté et la grosse dette de l'Etat en Italie pourraient constituer un plus gros danger pour la zone euro."

L'argument fondamental de BNP est que les craintes concernant la sortie de la France ou des Pays-Bas de l'UE sont fortement exagérées. En France, Marine Le Pen — qui a peu de chances de gagner l'élection présidentielle si les sondages devaient s'avérer exacts — aurait besoin de changer la Constitution française pour pouvoir envisager de quitter le bloc des 28

La Constitution française dit que les lois proposées sur l'organisation des pouvoirs de l'Etat, les réformes relatives aux politiques économique, sociale et environnementale, ou une demande de l'exécutif de ratifier un traité, peuvent être décidées par référendum. Mais le texte ne va pas jusqu'à fournir le pouvoir de retirer la France d'un accord international existant.

Aux Pays-Bas, non seulement Geert Wilders a peu de chances d'acquérir un pouvoir significatif, mais il existe relativement peu d'appétence pour quitter l'UE

Comme Deutsche Bank a écrit dans une note la semaine dernière: Seul le PVV [le parti de Wilders] s'est déclaré pour une sortie de l'UE. Les autres partis eurosceptiques mais plus nuancées ont été plus prudents, en suggérant par exemple des scrutins séparés sur des aspects de la participation à l'UE, au lieu d'adopter une posture pour ou contre. Un sondage par TNS Nipo sur la question hypothétique d'une sortie de l'UE a indiqué qu'elle n'obtiendrait une majorité qu'au sein des électeurs du PVV."

L'Italie, en revanche, demeure un problème sérieux sans réelle issue visible.

Version originale: Will Martin/Business Insider UK

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