Voiture restaurant dans le film Le crime de l'Orient Express. Youtube/20th Century Fox

Billets moins chers, ponctualité et fréquence en hausse, meilleurs services, les Français attendent de grands bénéfices de l'ouverture du marché ferroviaire à la concurrence. C'est ce que révèle un sondage OpinionWay pour Trainline dévoilé ce mercredi.

D'après ce sondage, réalisé les 30 mai et 1er juin auprès de 1068 personnes sélectionnés selon la méthode des quotas, 68% des sondés déclarent que l'ouverture à la concurrence est une bonne chose

Il est à noter que près d'une personne interrogée sur deux ne savait pas que l'ouverture du marché était prévue et l'a apprise au cours du sondage et ce, alors même que l'intersyndicale de la SNCF conteste le nouveau pacte ferroviaire depuis trois mois et qu'il a été adopté mi-juin par le Parlement et signé aujourd'hui par le Président de la République.

D'ici au 1er janvier 2020, la SNCF sera donc transformée en société anonyme, les nouveaux salariés ne seront plus embauchés au statut des cheminots et des entreprises concurrentes vont arriver sur le marché.  

Selon le sondage OpinionWay pour Trainline, 58% espèrent un impact positif sur le prix des billet, 55% sur la ponctualité des trains et sur les services proposés à bord (restauration, wifi...). La fréquence des trains et la qualité de l'accueil dans les trains devraient également s'améliorer, c'est du moins ce qu'espèrent 53% des sondés.

"Les Français ont vu les conséquences positives des ouvertures à la concurrence dans les télécoms et l'énergie. Leurs craintes sur la fin des monopoles se sont donc atténuées et ils attendent désormais de grands bénéfices de la concurrence ferroviaire", explique Frédéric Micheau, directeur des études OpinionWay.

Manifestation d'employés de la SNCF à Lyon, le 12 juin 2018. REUTERS/Emmanuel Foudrot

Si les services à bord peuvent être facilement améliorés, pour le reste ce n'est pas si simple. 

"C'est même assez naïf de la part des sondés", commente Yves Crozet, économiste spécialiste des transports. "La baisse des prix? Pour les TER c'est un choix politique car ils sont fixés par les régions. La fréquence des TGV? Dans certains noeuds ferroviaires saturés, il faudra faire des choix pour libérer des créneaux à la concurrence, ça ne fera donc pas plus de trains."

Le président du Conseil d'orientation des infrastructures, Philippe Duron, ne s'attend pas non plus à ce que cette ouverture à la concurrence soit un véritable bigbang pour le transport ferroviaire. "Ça va être très progressif. La concurrence va surtout stimuler la SNCF pour qu'elle s'améliore et devrait faire baisser les prix facturés aux régions". 

Pour l'heure, les régions PACA, Grand-Est et Haut-de-France, ont déjà montré leur intérêt pour la mise en concurrence au plus tôt de leurs lignes.

 

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