Patrick Pouyanné, directeur général de Total, en juin 2015 à Paris. REUTERS/Benoit Tessier

Depuis le 5 novembre 2017, les révélations tombent les unes après les autres.

Un consortium international de journalistes issus de 96 médias, dont Radio France, Le Monde et France 2, dépouille une mine de documents internes provenant en grande partie du cabinet d'avocats Appleby, spécialisé du montage offshore, et révèle comment des multinationales et des grandes fortunes profitent des paradis fiscaux offshore pour mettre leurs richesses à l'abri.

Ce sont les Paradise Papers, une sorte de saison deux après les Panama Papers de 2015. Contrairement à ces derniers, les Paradise Papers n'exposent pas des faits illégaux. Mais ils montrent les acrobaties fiscales de l'extrême que d'aucuns sont prêts à entreprendre pour payer le moins d'impôts possible.

Voici toutes les entreprises qui ont déjà été épinglées ainsi par les révélations des Paradise Papers: 

Apple — Apple aurait généré plus de 128 milliards de dollars de profits en s'installant sur l'île de Jersey pour payer moins d'impôts en Europe.

Tim Cook, DG d'Apple, avec un iPad Pro à la WWDC à San Jose, Californie, le 5 juin 2017. REUTERS/Stephen Lam

Dassault Aviation — Dassault Aviation a connaissance des montages utilisés par ses clients pour échapper à la TVA française en passant par l'île de Man, où l'avionneur a aussi créé deux filiales éphémères entre 2009 et 2012, écrit France Info

Un Falcon 2000s. Dassault Aviation

Engie — Le "Projet Salmon", découvert par Le Monde, a permis à l'entreprise qui s'appelait alors encore GDF Suez d'économiser "plusieurs dizaines de millions d'euros" sur des bénéfices réalisés en Australie grâce à de "faux prêts" entre filiales.

La central de Loy Yang B, en Australie, au cœur du projet Salmon. Engie Australia

Facebook — Le Monde raconte comment se déroule un conseil d'administration de Facebook Ireland Holdings aux îles Caïman, ce qui permet au réseau social de Mark Zuckerberg d'y exfiltrer ses profits et d'échapper aux 12,5% d'impôt sur les sociétés irlandais.

Mark Zuckerberg, CEO de Facebook. Adnan Abidi/Reuters

Glencore — Le géant anglo-suisse des matières premières a acheté une mine en RDC dans des circonstances troubles et occupe 107 sociétés offshore. 

Le siège de Glencore à Baar, en Suisse. REUTERS/Arnd Wiegmann/

Louis-Dreyfus Company — Le groupe international de négoce de matières premières a monté une filiale secrète aux îles Caïman, où le taux d'impôt sur les sociétés est nul, avec le groupe brésilien d'agro-alimentaire Amaggi.

Louis Dreyfus Company est spécialisé dans le négoce mondial de matières premières. LDC

Nike — Nike a réussi à mettre 12 milliards d'euros à l'abri de l'impôt en Europe en créant un empilement de sociétés entre les Pays-Bas et les Bermudes. 

Total — Les Paradise Papers ont constaté que "sur une partie de ses activités, Total ne paie pas d'impôts sur les sociétés": "les bénéfices remontent sous la forme de dividendes et ne sont pas ponctionnés. Pas même en France où, au nom de la règle fiscale de la territorialité, on estime qu'un revenu doit être imposé là où l'activité est implantée."

REUTERS/Amr Abdallah Dalsh

Whirlpool — Whirlpool est qualifié de "lessiveuse fiscale" par Le Monde qui revient sur "ce prêt de 110 millions de dollars parti de la banque européenne de Whirlpool, située en Belgique où les intérêts sont déductibles d’impôt, pour aller vers le Canada, le Brésil et le Luxembourg pour finalement revenir Belgique…" sans jamais tomber dans l'illégalité.

Des employés Whirlpool devant le site d'Amiens, le 26 avril 2017. REUTERS/Pascal Rossignol

Une première version de ce papier a été publiée le 7 novembre à 13h42. Elle a été misée à jour le 8 novembre pour inclure les nouvelles révélations sur Glencore, Louis-Dreyfus et Engie.

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