Une partie des membres du parti politique Allons Enfants. Facebook/Allons Enfants

Le parti politique Allons Enfants souhaite installer des jeunes de 18 à 25 ans sur les bancs de l'Assemblée nationale à l'occasion des prochaines élections législatives, les 11 et 18 juin 2017.

Les investitures pour ces sièges de députés seront closes cette semaine. Le parti devrait présenter environ 65 candidats, répartis dans les 13 régions françaises. 

Pour financer ses actions, Allons Enfants a recours aux dons, comme toute formation politique.

Mais pour sa première élection nationale, le parti animé par des étudiants et jeunes travailleurs bénévoles a décidé d'innover en remplaçant l'habituelle souscription par le recours au financement participatif.

L'objectif est de récolter 15.000 euros afin de pouvoir acheter les affiches, les tracts et les bulletins de vote nécessaires.

Pour y parvenir, Ruben Dorent, élève à Centrale Paris, et membre du parti, a développé en quelques semaines le propre site de crowfunding du parti.

A vrai dire, Allons Enfants n'avait pas le choix.

En passant par les sites spécialisés comme KissKissBankBank ou Ulule, le parti risquait de ne pas respecter la loi sur le financement des partis politiques qui dispose que le mandataire financier du candidat doit en effet directement récupérer l’argent et ce, dans un objectif de traçabilité des dons. 

En effet, un versement effectué sur les sites de financement participatif transite sur ces plateformes —qui prennent en plus au passage une commission — avant d'être déposé sur le compte bancaire du bénéficiaire.

"Interface, sécurisation des dons, progression de ces derniers, explication du projet: nous avons donc dû développer une plateforme unique de A à Z afin d’être en conformité avec la loi.  Ça correspond à la fois à notre souci de transparence et à notre esprit startup", explique Pierre Cazeneuve, le président d'Allons Enfants, à Business Insider France.

Le site dédié intègre directement la déduction fiscale de 66%.

La contrepartie est symbolique: ni tee-shirt du parti ou déjeuner avec les candidats. Le donateur aura son nom sur "le mur des dons". Et avec un don de 50 euros, Allons Enfants estime pouvoir toucher 600 personnes et "potentiellement" récolter 200 voix.

En France, une première tentative de financement participatif pour un homme politique avait échoué en 2013.

Lors de la campagne municipales en 2013 à Marseille, Patrick Menucci avait déposé un projet sur Ulule pour financer son premier meeting.

Mais il avait dû rembourser 1420 euros aux 30 donateurs, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques n'ayant pas jugé cette forme de financement conforme à la loi.

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