Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, tenant une conférence au siège de la Commission européenne à Bruxelles, en Belgique, le 23 mai 2018. REUTERS/Francois Lenoir

Les ministres des Finances de la zone euro sont parvenus vendredi 22 juin à un accord sur la dette de la Grèce. Le pays va bénéficier d'une prolongation de dix ans des échéances et délais de remboursement sur 96,9 milliards d'euros de prêts qui lui ont été consentis dans le cadre d'un deuxième plan de sauvetage.

La Grèce, qui bénéficiera aussi d'un nouveau prêt de 15 milliards d'euros, doit quitter le régime de mise sous tutelle le 20 août. Depuis 2010, les dirigeants du pays ont dû engager d'importantes réformes et imposer des mesures d'austérité à la population pour satisfaire aux demandes des créanciers.

Pierre Moscovici, le commissaire européen à l'Economie et aux Finances, reconnaît quatre erreurs dans la gestion du dossier grec, dans une interview accordée aux Echos

"D'abord, au tout début, nous avons collectivement sous-estimé l'ampleur du problème. Ensuite, d'une manière générale, nous avons eu tendance à ne faire des efforts de solidarité qu'au bord du gouffre et dans la douleur", estime-t-il.

"Par ailleurs, on peut regretter qu'il n'y ait pas eu d'accord à la fin du deuxième programme, en 2014. Ce rendez-vous manqué a ouvert une période d'incertitude et différé le retour de la croissance", ajoute-t-il.

La quatrième raison que le socialiste français Pierre Moscovici met en avant apparaît plus floue. Et semble surtout mettre en cause le Premier ministre de la Grèce, Alexis Tsipras, ainsi que son ancien ministre des Finances, Yanis Varoufakis:

"Enfin, à l'arrivée du gouvernement actuel, il y a eu une sorte de marche au bord du vide qui a été extrêmement déstabilisante. La perspective du Grexit a été agitée, tandis que le ministre des Finances d'alors, Yanis Varoufakis, n'hésitait pas à jouer sur le registre de la provocation."

Pour Pierre Moscovici, il ne faut pas entretenir de confusion sur l'origine des difficultés rencontrées par la Grèce, qui a bénéficié d'un premier plan de sauvetage à partir de mai 2010

"L'idée que l'austérité aurait créé la crise est fausse ! C'est l'inverse qui s'est passé. C'est parce que l'économie grecque reposait sur du sable, et parce que l'administration grecque était vermoulue et les finances publiques du pays maquillées, qu'il a fallu entrer dans cette logique de programmes d'assistance." 

Et de conclure: "Il est vrai que la Grèce a dû faire des réformes difficiles. Mais il est trop facile d'en faire porter la responsabilité aux seuls créanciers."

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