Des salariés de Centrale Danone manifestent le 5 juin 2018 contre le boycott de leur société devant le Parlement de Rabat au Maroc. REUTERS/Youssef Boudlal

Près de 2000 salariés de Centrale Danone, la filiale marocaine de Danone — qui emploie 6000 salariés au total —, ont manifesté mardi soir à Rabat devant le Parlement.

"Nous sommes venus ici pour nous faire entendre et pour dire à nos frères et sœurs marocains de stopper ce boycott, parce que des milliers d'emplois sont en danger chez Centrale Danone", a dit El Mehdi Hbich, un des manifestants, à un journaliste de l'agence Reuters. 

L'appel au boycott a été lancé le 20 avril dernier, de façon anonyme, via Facebook. Les instigateurs de cette action expliquent vouloir obtenir une baisse des prix, face à la cherté de la vie. Centrale Danone est concernée ainsi deux sociétés marocaines  les stations-service Afriquia (premier réseau du pays) et l'eau minérale Sidi Ali.

Les ventes de Danone ont baissé de moitié

Manifestation des salariés de Centrale Danone contre le boycott de leur société. REUTERS/Youssef Boudlal

Après sept semaines de boycott, le bilan est catastrophique pour Centrale Danone qui a vu ses ventes plonger de moitié, à tel point qu'elle a lancé lundi un avertissement sur résultats.

La société prévoit pour le premier semestre une perte de 150 millions de dirhams (près de 13,5 millions d'euros), contre un profit de 56 millions de dirhams (5 millions d'euros) au premier semestre 2017.

Une situation qui se répercute tout au long de la chaîne d'approvisionnement. Les usines de l'industriel tournent aujourd'hui à seulement 50% de leurs capacités de production. Conséquence: Centrale Danone a annoncé fin mai une réduction de 30% de ses collectes de lait, réalisées auprès de 120.000 éleveurs, et a mis un terme aux contrats de plusieurs centaines d'intérimaires.

De nombreuses autres mobilisations prévues

Une nouvelle manifestation de salariés est prévue devant le Parlement vendredi et d'ici là des manifestations régionales d'éleveurs sont prévues devant les préfectures. Eleveurs et salariés réclament que le gouvernement marocain prenne ses responsabilités vis-à-vis des acteurs du secteur laitier. 

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