Emmanuel Macron interviewé par Mediapart et BFM TV. Mediapart

  • Emmanuel Macron a donné sa deuxième interview en quatre jours à BFM TV et Médiapart dimanche soir, depuis le Théâtre national de Chaillot, à Paris.
  • Le président de la République répondait pour la première fois à des journalistes depuis les frappes lancées avec Donald Trump et Theresa May sur la Syrie dans la nuit de vendredi à samedi.
  • Il affirme avoir convaincu Trump de limiter ces frappes aux sites chimiques et dit à Poutine qu'il était complice des attaques chimiques.
  • Après quelques accrocs avec les journalistes Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel, l'entretien s'est ensuite concentré sur les grands sujets d'actualité française.

Trois jours après sa prestation au journal de 13 heures de TF1, Emmanuel Macron a poursuivi son offensive médiatique dimanche soir sur BFM TV et Mediapart

Il s'agissait de la première intervention en direct du président de la République depuis le lancement de frappes franco-américano-britanniques sur la Syrie dans la nuit de vendredi 13 à samedi 14 avril, menées en riposte au bombardement chimique de Douma.

D'emblée, il a été interrogé par Jean-Jacques Bourdin, journaliste de BFM TV, sur ces frappes. Emmanuel Macron a répondu:

"Nous avons réussi l'opération sur le plan militaire puisque l'intégralité des missiles qui ont été tirés ont atteint leurs objectifs et les capacités de production d'armes chimiques de la Syrie détruites. Aux dires des autorités russes et syriennes, il n'y a aucune victime de leur côté — c'est ce que nous voulions faire. Cette décision a été prise dès dimanche dernier. Elle est conforme aux engagements que nous avions pris et à ce que j'ai dit depuis mai dernier."

Alors qu'Edwy Plenel, de Mediapart, lui posait la question sur l'absence de concertation avec l'ONU, le président français a rétorqué:

"Nous avons la pleine légitimité pour intervenir dans ce cadre parce que si nous voulons que la communauté internationale soit respectée, vous avez trois membres du conseil permanent de l'ONU qui sont intervenus.... sans déclarer la guerre à la Syrie. Tout cela s'inscrit dans un cadre international et humanitaire de lutte contre Daech. (...) Nous avons œuvré pour que les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU ne restent plus lettre morte."

Emmanuel Macron a aussi assuré avoir dit au président russe Vladimir Poutine que la Russie était "complice de l'emploi d'armes chimiques en Syrie" et convaincu Donald Trump de limiter les frappes aux armes chimiques. 

Emmanuel Macron projette de "convaincre les Russes et les Turcs" de venir autour d'une table à laquelle seraient aussi assis l'Iran et l'Arabie saoudite. 

French President Emmanuel Macron poses on the TV set before an interview with RMC-BFM and Mediapart French journalists at the Theatre National de Chaillot in Paris, France, April 15, 2018. Francois Guillot/Pool via Reuters

Voici les autres déclarations importantes du président de la République lors de son interview dimanche soir: 

  • Sur la fraude fiscale. "Nous devons réussir à avoir une convergence sociale et fiscale avec les pays européens. C'est ce que je demande dans les prochaines priorités budgétaires européennes."
  • Sur les plans sociaux. "Je ne vais pas réaliser un texte qui interdit les plans sociaux. Face à ces injustices, on doit poursuivre la possibilité que chaque salarié puisse être considéré."
  • Sur les impôts. "La taxe foncière a des règles qui doivent être modifiées. On va la recomposer pour la répartir entre les communes, les départements et les régions. (...) Il n'y aura pas de création d'un nouvel impôt local ou national."
  • Sur la réforme de la CSG et les retraites. "Je n'ai pris personne en traître, je ne me cache pas là-dessus, j'avais annoncé cette mesure pendant ma campagne."
  • Sur la réforme de l'ISF. "Il faut qu’on ait un système qui favorise les entrepreneurs.  Je veux qu'on puisse travailler et être encouragé dans le travail."
  • Sur les hôpitaux. "L'hôpital est étranglé par un système devenu comptable qui s'appelle la tarification à l'activité. Nous avons augmenté le budget de la santé mais pas au rythme que certains voulaient. J'aurai à m'exprimer fin mai sur ce sujet."
  • Sur la dette de la SNCF. "A partir du 1er janvier 2020, l'Etat reprendra progressivement la dette."
  • Sur Notre-Dame-des-Landes"Il y a une phase de négociation pour traiter les projets dignes alternatifs dans le cadre républicain mais pour le reste l’ordre sera fait. Notre République a besoin d’ordre et d’égalité."
  • Sur sa légitimité. "Les Français et les Françaises, [lors des législatives] en juin dernier, ont donné une majorité au projet que je portais."
  • Sur l'Europe. "Je crois dans une Europe souveraine. Nous devons avoir des concitoyens qui se disent que ce trésor qu'on a fait ces 70 dernières années est menacé. Grâce à l'Europe, en mai prochain, nos données seront protégées." 

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