Policiers à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle. Wikimediacommons/0x010C

Le vote, ce mardi 9 octobre 2018, à l'Assemblée nationale de la loi Pacte va permettre à l'Etat de vendre tout ou une partie de sa participation dans le groupe Aéroport de Paris (ADP), soit 50,63% des parts représentant quelque 9,5 milliards d'euros.

Pour autant, Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, a déclaré dimanche, dans l'émission Le Grand Rendez-vous d'Europe 1 avec Les Echos et CNews, que la France ne vendra pas ses parts dans le groupe Aéroport de Paris à n'importe qui. 

"On peut parfaitement avoir un fonds étranger qui monte au capital qui investit 2%, 3%, 5%, ça ne pose pas de difficultés", a estimé Bruno Le Maire.

Mais "si une puissance étrangère voulait prendre le contrôle d'Aéroports de Paris, la réponse sera non, je le dis très clairement", a-t-il ajouté. "L'Etat aura la possibilité d'examiner qui sera l'investisseur principal, et il dira 'c'est oui ou c'est non'. C'est une infrastructure stratégique, l'Etat doit être le décideur en dernier ressort", a précisé le ministre.

De son côté Augustin de Romanet, le Pdg d'ADP, a déclaré ce lundi sur CNews  comprendre que l'Etat veuille avoir le dernier mot en cas de candidature étrangère à la privatisation, tout en prévenant que la France ne peut à la fois investir à l'étranger et refuser la réciproque.

"Le mot puissance étrangère semble vouloir dire quelqu'un originaire d'un pays étranger qui ne serait pas agréé par le gouvernement", a décrypté Augustin de Romanet. "S'agissant de la première frontière du pays qu'est le groupe ADP, il n'est pas illégitime de regarder à deux fois entre les mains de qui on met l'actif."

Il a cependant ajouté: "Mais on ne peut pas vendre des sous-marins aux Australiens et (leur) dire: vous n'êtes pas persona grata pour être investisseurs chez nous."

D'après le PDG d'ADP, le processus de privatisation pourrait aboutir en fin d'année prochaine, en fonction de la rapidité du processus parlementaire et du niveau d'empressement du gouvernement.

"La loi qui sera promulguée au mois d'avril donne une faculté à l'Etat de céder ses parts, ce n'est pas une obligation", a-t-il rappelé. "Si l'Etat souhaitait aller le plus vite possible, le processus d'enchères pourrait se dérouler à la fin du premier semestre pour une opération qui se clôturerait à la fin de l'année 2019."

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